Namur La Ville a désigné un local, mais il ne convient pas forcément au donateur

La semaine dernière, la Ville et le CPAS de Namur informaient les Namurois qu’un local avait été trouvé pour le futur accueil de jour pour sans-abri.

Devant les protestations soulevées par le projet au 78 rue Saint-Nicolas, le bourgmestre avait émis son veto. Le président du CPAS a scruté les locaux publics vides et proposé celui occupé jusqu’ici par le relais social urbain namurois, au numéro 4 de la même rue, juste à côté de l’église d’Harscamp.

Le choix a été fait par la Ville et le CPAS devant l’ultimatum posé par le mécène, qui s’estimait baladé depuis 6 mois. L’ASBL Educ’actions et dignité, que le donateur d’un million d’euros a mandatée pour faire aboutir le projet, était un peu frileuse devant le bâtiment.

Elle a aujourd’hui reçu les conclusions de son architecte. Verdict : le local est moins adapté que le 78 et ne convient pas forcément à l’ambition du projet.

"Nous sommes allés voir à plusieurs et avons constaté que ce n’est pas aussi évident que la Ville le souhaite. La configuration du lieu empêche une salle centrale qui amène à la convivialité telle que nous l’avions imaginée au 78, même si nous avons compris que cette option était définitivement exclue désormais", explique Robert Bourgeois, le seul à connaître l’identité du donateur.

Même si l’espace est le même en mètres carrés au 78 et au 4 rue Saint-Nicolas, et si l’espace extérieur pouvant servir de fumoir est plus grand, la disposition sur deux étages et en longueur compliquerait la qualité du projet. Il semble en effet difficile d’imaginer y accueillir 40 personnes en journée si les 17 occupants du RSUN déménagent parce qu’ils s’y trouvent à l’étroit…

Mais l’asbl n’exclut pas d’y installer tout de même son projet tant le temps est une donnée importante : il faut ouvrir l’accueil de jour pour le 1er novembre. Robert Bourgeois continue d’examiner les possibilités à cet endroit et a demandé au CPAS s’il était possible de créer une entrée par l’arrière, via le parc à côté de la maison de repos d’Harscamp.

Mais elle espère trouver quelque chose de plus approprié au projet. L’ASBL est toujours en train de sonder le secteur privé et fait appel aux sociétés immobilières pour trouver chaussure à son pied, et à celui du donateur qui veut inaugurer pour le 1er novembre "un lieu d’excellence". "Il tient beaucoup à ce que le projet tire ses usagers vers le haut et non l’inverse", précise Robert Bourgeois.

"Nous cherchons un endroit de 200 m2 au minimum qui peut accueillir quelques chiens et faire consigne, avec une cuisine, possibilité de faire 2 ou 3 salles de bains complètes, des toilettes séparées, une buanderie, une grande salle, une salle de repos, un bureau… Le tout à une distance raisonnable du centre-ville" , plaide-t-il.

Magali Veronesi