Namur Les témoins, suspectés de non-assistance à personne en danger, réclament aux parents 24.000 euros

L’affaire David Collin, du nom de ce jeune homme de 26 ans mortellement fauché à l’entrée de Mageret en juin 2011 par une voiture qui a pris la fuite, est revenue devant la chambre du conseil de Neufchâteau, mercredi, pour le règlement de procédure.

Le parquet a rendu un réquisitoire de non-lieu et n’a pas demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel des témoins des faits, un couple suspecté de non-assistance à personne en danger. Leur avocat a souligné "qu’aucun indice n’a jamais permis de fonder une accusation d’homicide volontaire ou de non-assistance à personne en danger et qu’après avoir été traumatisés d’avoir vu le jeune homme écrasé par un véhicule, alors qu’ils tentaient de lui porter secours, ils ont été choqués de se voir accuser d’être auteurs de l’accident".

Leur conseil a précisé que leur blessure psychologique avait été objectivée par un certificat médical et deux attestations de psychologues et qu’ils réclamaient aux parents de David des indemnités de procédure de 24.000 euros. Une réclamation qualifiée d’exorbitante par Me Raoul Neuroth, le conseil de Martine Maufort. Selon lui, cette demande n’est étayée par aucune pièce probante chiffrée. Il n’y a pas lieu de condamner sa cliente à une indemnité de procédure puisque sa constitution de partie civile était dirigée contre X et qu’elle n’a pas cité les noms de qui que ce soit.

L’avocat d’Albert Collin , le papa de David, a contesté lui aussi l’indemnité, bien que son client ait déposé plainte contre les témoins. Il a estimé que la maman du jeune homme devait payer l’entièreté de la somme car, en novembre 2014, c’est elle qui avait mis l’action publique en mouvement en se constituant partie civile, sa plainte, à lui, ayant été déposée trois mois plus tard. L’instruction devrait se clôturer par un non-lieu. L’ordonnance sera rendue le 11 octobre.

Martine Maufort nous a confié qu’elle était choquée par l’indemnité réclamée par les témoins et qu’elle reste déterminée. Si effectivement l’affaire se termine par un non-lieu, elle n’hésitera pas à la porter devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Nadia Lallemant