Namur La Ville ne peut rien faire. L’Afsca a fait des contrôles et saisi les produits alimentaires

Le mois dernier, deux boutiques vendant des produits à base de cannabis light ouvraient à Namur. Début septembre, ils sont quatre : trois dans le centre-ville et un à Bouge.

La situation n’est pas sans inquiéter les autorités locales, certains éducateurs de rue, ASBL travaillant dans la prévention et établissements scolaires notamment.

"La ville ne peut rien faire contre la multiplication de ces magasins. Il s’agit de surfaces commerciales comme les autres et nous ne pouvons pas contrôler ce qui s’y vend", répond Stéphanie Scailquin.

Seul l’Afsca peut opérer un contrôle à son niveau. L’agence pour la sécurité alimentaire ne s’en est d’ailleurs pas privée à Namur.

"Ils ont débarqué et m’ont demandé où se trouvait mon autorisation de vendre des produits alimentaires. Comme je n’en ai pas, ils ont saisi une partie de ma marchandise : les infusions et les huiles au CBD."

Apparemment , il faut demander une dérogation pour continuer à les vendre . "Mais le ministère de la Santé les refuse systématiquement donc je ne vais pas perdre mon temps. J’arrête tout simplement de vendre ces produits. Tant pis pour les personnes souffrant de fibromyalgie que cela aidait à soulager…" raconte Stéphane Gabrys de Green Power au coin des Carmes/Croisiers.

"Tout ça, c’est parce que l’industrie pharmaceutique a sorti des produits avec du TBC alors ils ne veulent pas de concurrence", affirme celui qui poursuit la vente d’autres produits à base de cannabis light dont le statut n’est pas encore très clair en Belgique.

"Je trouve ça ridicule de nous ennuyer alors qu’un panneau publicitaire Decaux sur le trottoir vantait du Bacardi, un alcool fort en vente libre", argumente-t-il.

"Le problème, c’est que cette prolifération de magasins qui font la publicité du cannabis brouille le message qu’on a vis-à-vis des jeunes, regrette l’échevine de la Cohésion sociale, Stéphanie Scailquin. Quand on vend, à côté de l’école, du cannabis light et qu’on fait de la prévention dans les écoles avec le cannabis en ligne de mire, comment voulez-vous qu’il n’y ait pas confusion et banalisation des drogues. Même douces, elles font des dégâts, les enseignants peuvent en témoigner."

La Ville compte aller voir ces commerces et leur demander de se rendre moins visibles.

Magali Veronesi