Namur Elles ont laissé sur place une bonne partie de leurs affaires et des dons reçus dernièrement

Les campements des anciennes Carrières de Saint-Servais semblent nettement moins confortables une fois le sol gorgé d’eau. Mais malgré la boue, Denis, Sonia et leur ami espèrent pouvoir rester l’hiver. "On est assez inquiets, surtout ma femme, d’entendre les rumeurs d’expulsion. Contrairement à ce qui a été dit, nous n’avons reçu aucune notification de la Ville. Des policiers sont passés ce matin nous montrer la photo d’une dame et demander si nous la connaissions. Mais on se dit qu’ils sont peut-être venus voir l’air de rien combien on était pour prévoir le nombre de personnes nécessaires à nous sortir ", explique Denis qui a vu le groupe d’en face déménager lundi matin. Quant à la dame enceinte qui camperait aussi sur le site avec son compagnon, il ne l’a jamais croisée. "Elle doit être dans un autre coin plus retiré de la rue."

Les familles d’une douzaine de Roms dont 6 enfants de 3 à 12 ans a en effet quitté ses installations des carrières en laissant le campement détruit et un amas de déchets derrière : des sacs de vêtements, des colis de nourriture, des couvertures, des poussettes, une bonbonne de gaz vide… Ce qui ressemble à des dons récents de citoyens mobilisés.


Un camion sera bien nécessaire à les évacuer. "C’est dommage qu’ils laissent autant de détritus sur le site car ça risque de nous attirer des ennuis alors qu’on gère nos déchets en mettant des sacs-poubelle sur le trottoir et qu’on essaie de ne pas créer d’ennuis aux voisins", regrette Denis qui dit ne pas avoir de solution pour se loger s’il vient à être expulsé.

"On n’a pas l’âme de squatteurs. On a envie de se poser quelque part avec nos affaires. On aimerait bien trouver un logement, mais il faut encore un propriétaire qui accepte des gens comme nous sans références et avec l’allocation du CPAS", témoigne celui qui apprécie les dons, surtout alimentaires reçus ces derniers jours. "On doit se fournir en essence et en pétrole pour se chauffer, mais je n’ai pas trop envie de quitter ma femme au cas où une expulsion aurait lieu pendant mon absence."