Namur L’initiative de Natagora est perçue favorablement mais la question de l’indemnisation préoccupe

Le castor, végétarien et inoffensif, ne fait pas que des heureux dans la commune de Houffalize. Ils sont nombreux à se plaindre des dégâts causés aux berges des étangs, aux arbres et aux voiries. Plusieurs demandes de dérogation ont déjà été introduites pour enlever les barrages qui modifient le tracé des cours d’eau.

"À trois reprises, ils ont percé la digue et mon étang s’est vidé", déplore un habitant de Vellereux. "À chaque fois, il a fallu reboucher les trous. Par la suite, un barrage a été construit au-dessus de la prise d’eau et l’étang n’a plus été alimenté."

Le Houffalois a introduit une demande de dérogation au département Nature et Forêt. "Le barrage a été démonté", poursuit-il. "Depuis, je n’ai plus de problème mais les castors sont toujours bien présents. Je redoute la construction d’un nouveau barrage."

Les autorités communales se plaignent aussi. "Une voirie forestière, qui venait d’être refaite, a été inondée, à cause de deux barrages", note le bourgmestre Marc Caprasse. "Le revêtement, endommagé par l’eau, a dû être remplacé. Des dégâts sont également constatés dans les bois communaux. Nous avions prévu de faire un relevé mais nous y avons renoncé car les castors sont présents dans la plupart des cours d’eau."

Dans ce contexte , la mise en place d’un groupe de travail, par Natagora, pour gérer la présence du castor, est accueillie favorablement. "L’initiative est excellente dans le sens où des spécialistes vont venir sur le terrain pour donner des conseils aux plaignants", poursuit le bourgmestre. "Cela dit, la question est de savoir qui va intervenir financièrement si des frais doivent être engagés pour faire de la prévention ou des réparations chez les privés."

Frédéric Raes, le coordinateur du groupe de travail Natagora, souligne que les frais de grillage, par exemple, sont effectivement à charge du propriétaire mais qu’un remboursement peut être demandé à la Région wallonne lorsque le coût dépasse 500 euros dans le cadre de mesures agro-environnementales.

Nadia Lallemant