Namur Des formations supplémentaires seront données à Namur. Nécessaires pour l’insertion.

Le directeur de la prison de Namur, Eric Delchevallerie, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi matin. "Aujourd’hui, je peux dire que les mandats d’arrêt décernés sont presque tous justifiés. Les détenus sont là pour des faits de plus en plus graves. Il y a beaucoup d’homicides pour le moment. Ils sont pour la plupart des 2e ou 3e générations de parents inactifs. Ils ont 20 ans et ne se rendent même pas compte de ce qu’ils ont fait."

Pour tenter d’atténuer ces chiffres, la Fédération Wallonie-Bruxelles et le gouvernement wallon ont respectivement décidé d’injecter 240.000 € et 1.085.000 € supplémentaires dans différentes mesures emploi et formation, qui seront dispensées en prison et à la libération des détenus, dès 2017. Grâce à cet investissement, 85.000 heures de formation supplémentaires seront données, en plus des 40.000 heures déjà existantes.

Ces formations auront pour objectif d’offrir aux détenus l’opportunité de se former pendant leur détention, préparer leur projet professionnel et leur réinsertion à la sortie de prison. "Il est temps qu’un réel encadrement soit mis en place pour les détenus, notamment en termes d’insertion. Et non de réinsertion. Car ils n’ont jamais été insérés. Quand certains détenus arrivent à Namur, on dirait des extraterrestres ! Et à leur sortie, ils n’ont plus de famille, sont déscolarisés et n’ont droit à rien. Ils sont par ailleurs très peu qualifiés."

Symboliquement, une formation commis de cuisine, a néanmoins été lancée ce lundi à la prison de Namur. D’autres de gestion ou de langues devraient également être dispensées.

Actuellement , les détenus qui le souhaitent ont déjà l’occasion de suivre des cours de remise à niveau, comme Boubakar Diallo, 24 ans, emprisonné depuis 8 mois pour des faits de stupéfiants. Originaire de Guinée et arrivée en Belgique après le décès de ses parents, le jeune homme envisage de reprendre des études à sa sortie. "J’ai des leçons de français, de maths, de grammaire et de culture générale. C’est une situation bizarre. À l’extérieur, je n’avais aucune aide. Ici, je trouve des gens pour m’accompagner."