Namur Victor Baugnée cultive depuis avril un champ de chanvre à Sart-Bernard

À 28 ans, Victor Baugnée est ambitieux. Passionné par le chanvre, depuis plusieurs années, il aspire à démystifier la culture de cette plante qui jouit, selon lui, d’une injuste réputation. "C’est dommage car elle possède pourtant d’innombrables atouts, dont notamment des vertus nutritives", explique le jeune cultivateur.

Les graines de chanvre sont en effet riches en acide gras essentiel pour le métabolisme; leurs tiges sont aussi très intéressantes pour le marché de la construction et du textile. Enfin, un peu à l’image de l’aloe vera, elle possède des vertus apaisantes, cicatrisantes et hydratantes.

Il y a trois ans, Victor s’est lancé le pari fou de devenir cultivateur de chanvre, mais aussi de fabriquer toute une gamme de produits issus de sa production. Autodidacte, il s’est énormément renseigné sur le sujet, a été à la rencontre des pionniers du chanvre en Belgique et depuis le mois d’avril est gestionnaire d’une culture dans les hauteurs de Sart-Bernard.

Dès septembre , une première récolte de graines sera effectuée et permettra la création d’aliments et de cosmétiques sous la marque cannavie. "On peut faire des graines, de l’huile, de la farine, du chocolat. Le chanvre a un peu le goût de noisette, donc c’est assez gustatif", affirme Victor. Côté cosmétique, il travaille avec un laboratoire de Bertrix sur les prototypes de crèmes. Les tiges seront, elles, récoltées à l’automne en faveur de l’industrie du textile, de la construction et de l’automobile.

Si le jeune homme peut se vanter d’avoir une excellente connaissance du chanvre, il regrette que ça ne soit pas le cas des commerçants de produits dérivés qui fleurissent à Namur. "J’ai l’impression qu’ils font les choses à l’envers. Moi qui me forme depuis longtemps sur cette plante, je suis un peu dégoûté de constater que des néochanvriers surfent sur une mode qu’est le CBD (le cannabidiol) sans aucun travail de fond derrière. Personnellement, ce n’est pas ma philosophie", explique-t-il.

Il y a deux ans, Victor avait sollicité l’autorisation de vendre des graines de chanvre, mais celle-ci avait été refusée. "Si j’avais su qu’aujourd’hui, tout le monde le fait sans savoir si c’est légal ou pas, je me serais lancé directement. J’ai préféré rester prudent", conclut-il.


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