Namur

L'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) a présenté ce lundi 11 juin, lors d'une conférence de presse à Metz, son bilan 2017 pour ce qui concerne les centrales de la Région « Grand Est », dont celle de Chooz, installée à directe proximité de la Belgique et plus précisément de la province de Namur. Et une nouvelle fois, le bilan est inquiétant, dès lors qu'il apparaît que plusieurs « événements significatifs » se sont déroulés à Chooz au cours de la dernière année, révélant un manque de rigueur et des failles évidentes dans la sécurité dans la Centrale. Pour Ecolo, cela appelle une réaction rigoureuse des autorités belges comme françaises. Chooz peut et doit mieux faire en matière de sécurité nucléaire !

« Rapport après rapport, les autorités françaises pointent les faiblesses de sécurité à Chooz. Or, si un incident s'y produit, les conséquences seront surtout pour la Belgique, vu l'enclavement de cette centrale sur notre territoire, les vents dominants qui soufflent vers la Belgique et la Meuse qui s'écoule vers Dinant. Les conséquences d'un accident nucléaire sont sans frontière mais seraient en l'occurrence surtout belges et namuroises. C'est la raison pour laquelle, en tant qu'élu belge, je m'inquiète de cette situation et réclame des comptes », explique Georges Gilkinet, député fédéral.

Dans sa communication de la semaine passée, l'ASN relève notamment les éléments suivants :

- Sur le plan de la sûreté nucléaire, l’année 2017 a été marquée par de nombreux aléas lors des arrêts des réacteurs, qui ont engendré un nombre important d’événements significatifs relatifs au non-respect des règles générales d’exploitation ;

- Ces événements reflètent de nouveau un manque de rigueur dans les comportements et la formalisation des pratiques ainsi que la fragilité des ressources disponibles pour la conduite des installations ;

- Sur le plan de la maintenance, les aléas survenus au cours des arrêts des réacteurs ont révélé des difficultés pour le site à rétablir le bon fonctionnement des équipements concernés, en particulier pour mobiliser les compétences et moyens humains suffisants, y compris pour les prestataires ;

- En matière de radioprotection, des insuffisances ont été observées pour l’optimisation de l’exposition radiologique des travailleurs ; plusieurs contaminations internes d’intervenants sont survenues à la suite de la non prise en compte dans les plans de prévention de recommandations de sécurité issues de la phase préparatoire des activités. Plusieurs événements traduisent par ailleurs un manque de culture de la radioprotection lors des accès aux chantiers.

« Derrière ces termes techniques, ce sont des lacunes particulièrement graves et inquiétantes que pointent les autorités françaises dans leur bulletin. L'énergie nucléaire est dangereuse. Sa production nécessite tout à la fois des équipements de pointe, des compétences spécifiques et un rigueur de tous les instants. Ces trois éléments manquent manifestement à Chooz, ce qui fait peser un risque important sur les populations aux alentours de la Centrale, qui sont principalement Belges : à Beauraing, Houyet, Hastière, Doische, Onhaye, Dinant ou Philippeville. C'est la raison pour laquelle j'ai déposé une nouvelle question au Ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, pour lui demander d'interpeller son équivalent français et de faire valoir les intérêts et l'inquiétude belges », conclut Georges Gilkinet, bien décidé à ne pas lâcher le morceau.