Namur Ces soucis créent des tensions dans le quartier. La Ville et la Région se renvoient la balle


Bernadette Moneaux et Pascal de Gyns vivent depuis une grosse dizaine d’années rue Basse Chaussée, à Cognelée. Les soirs d’orages, comme le 29 avril dernier, ils ont des sueurs froides. "Dès que la pluie se met à tomber durant plus d’une heure, tout le quartier est inondé en raison de problèmes d’égouttage : les égouts débordent et les taques se soulèvent", explique Pascal. "C’est parfois un véritable torrent qui traverse le jardin de notre voisine. Elle a fréquemment 30 centimètres, voire un mètre d’eau dans son jardin ou dans sa cave, à un point tel que les assurances ne veulent plus intervenir en sa faveur. Les enfants ont déjà fait du bateau pneumatique dans le lac que les précipitations avaient créé. Nous sommes un peu moins impactés mais notre jardin n’est pas comme on le voudrait à cause des inondations à répétition. Sans parler des rats, qui se retrouvent un peu partout y compris dans notre abri de jardin. Un fléau. Un autre voisin a dû investir dans une pompe automatique pour éviter les dégâts."

À Cognelée, le problème n’est pas nouveau, certains se souviennent de désagréments de ce type remontant à 1996. Des pétitions ont déjà circulé. "Il y a des terrains en pente de l’autre côté de la chaussée de Louvain, aussi touchée par ces problèmes de ruissellement. Un fossé d’évacuation a été rebouché et à certains endroits, une conduite d’un mètre de diamètre se déverse dans un tuyau de 40 centimètres de large, cela ne peut pas fonctionner, explique Bernadette. Tout cela a empiré lorsque le ministre Henry a accordé un permis pour un bâtiment situé en zone inondable. La Région en charge de la chaussée de Louvain et la ville de Namur, en charge de l’égouttage se renvoient la balle et rien ne bouge."

Outre les désagréments liés aux intempéries, c’est le climat de tout un quartier qui s’en ressent. "Cela dégénère, il y a de gros conflits et tensions entre certains, des procès, d’autres s’espionnent ou ont recours à l’intimidation, c’est malsain. C’est dommage car nous voudrions tant vivre de façon paisible."

Pour Martine, la solution serait la suivante : mettre les gens autour de la table. "Je voudrais qu’une table ronde soit organisée et qu’elle réunisse les gens touchés par la situation, mais aussi la Ville et la Région afin que le problème soit solutionné à long terme. Que les gens se parlent enfin et que les pouvoirs publics prennent enfin leurs responsabilités."