Namur La famille dinantaise a porté l’affaire en justice

Il y a pratiquement un an jour pour jour, une famille dinantaise lançait une bière artisanale ambrée : La Croisette. Sans savoir qu’elle rencontrerait un franc succès, Jacques Nicolas et son fils Adrien qui tiennent le bureau d’assurances Difrach rue Sax à Dinant voulaient ouvrir un bar, de l’autre côté du bâtiment le long de la Meuse, pour pouvoir vendre leur production.

Pour cela, ils ont sollicité la Ville de Dinant pour avoir une terrasse sur la Croisette. Ce qui a été refusé. "Le Collège communal estime qu’on ne travaille pas dans le secteur Horeca. Or, avec la production et distribution de bière, on a l’agrément. Ils veulent bien qu’on installe du mobilier côté trottoir (une vingtaine de places) mais ils ne veulent pas qu’on en ait sur la Croisette (une trentaine de places supplémentaires). Or, vu l’estimation du trafic, sans mobilier sur la Croisette, ça ne sera pas rentable", explique Jacques Nicolas.

Après plusieurs échanges de courriers, ces deux Dinantais ont assigné la Ville de Dinant en justice. Leur but : que le tribunal civil condamne la Ville à déterminer des critères pour l’attribution de places sur la Croisette. "Il faut des critères transparents et objectifs pour éviter le copinage et la magouille. Tout le monde occupe la Croisette, sauf eux. Je suis surpris de voir que pour occuper le trottoir, la Ville considère que leur société est dans l’Horeca, mais pas pour occuper la Croisette", commente l’avocat de la famille Nicolas.

En fonction de ces critères, ils pourraient donc savoir s’ils sont dans les conditions ou non pour bénéficier de la terrasse qu’ils sollicitent. "Et si on les rencontre, il faudra alors nous expliquer pourquoi la Ville refuse. Si on ne les rencontre pas, on acceptera la décision", poursuit Jacques Nicolas.

Du côté de la Ville de Dinant, on maintient que la société Difrach est étrangère au secteur Horeca. "Les autorités ont été conciliantes en marquant leur accord pour une terrasse côté trottoir", explique le conseil de la Ville. Quant à la demande de critères objectifs, elle serait tout simplement irrecevable. "Les demandes de terrasse pour la Croisette devaient se faire avant février. On est en mai et il n’y en a toujours pas. Ils considèrent que la demande faite en 2017 est toujours d’actualité. Or, ce sont des demandes qui doivent être répétées chaque année."

S.M