Namur Eliane Tillieux dénonce le fait que le bourgmestre garde son mandat de député et sa 1re échevine celui de sénatrice.

On le constate au conseil communal chaque mois : l’opposition PS se corse, parfois au point de faire exploser le bourgmestre. Voici les reproches majeurs adressés par Eliane Tillieux à Maxime Prévot.

LE CUMUL. "Lorsqu’il était ministre, on a beaucoup entendu Maxime Prévot dire qu’il ne cumulait pas les rémunérations puisqu’il était bourgmestre par passion. Or on constate aujourd’hui qu’il cumule à la fois les fonctions et les rémunérations de bourgmestre et de député régional, deux fonctions qui méritent qu’on s’y consacre à temps plein."

A contrario, elle rappelle que le PS à Namur a toujours demandé à ses élus de choisir. "Jean-Louis Close n’a jamais brigué de poste de député et Bernard Anselme a démissionné de sa fonction parlementaire lorsqu’il est devenu bourgmestre. Aucun échevin n’a cumulé avec un mandat au parlement, qu’il soit régional ou fédéral. Alors que la première échevine Anne Barzin, elle, cumule aussi avec le Sénat dont elle est chef de groupe."

LE MANQUE DE TRANSPARENCE. "On a l’impression que la communication est privilégiée. Pour le centre commercial, la question a été posée au conseil communal et le bourgmestre a menti par omission sur les projets en cours. Dont il a tenu la presse informée avant même d’en informer les élus. Ici dernièrement, lorsqu’il a pris une ordonnance contraignant les SDF à aller à l’abri de nuit, il n’en a pas informé l’organe démocratique qu’est le conseil communal. Tout ça manque de transparence alors que les citoyens la réclament, ainsi que la bonne gouvernance."

L’ENDETTEMENT. "Les emprunts liés aux grands projets sont tels - même s’ils bénéficient de subsides par ailleurs - que les enfants namurois qui naissent aujourd’hui sont déjà endettés pour les trente prochaines années. Ce n’est pas une gestion prévoyante. Quelle marge de manœuvre restera-t-il à la majorité suivante, quelle qu’elle soit ? Quelle capacité d’emprunt reste-t-il à Namur ? Au PS, on s’en inquiète beaucoup."

LA PRÉSIDENCE . Devant le conseil communal, l’ambiance est de plus en plus tendue. "C’est lié au fait que le président de l’assemblée soit le bourgmestre. S’il confiait à un conseiller d’expérience, un sage, la tâche d’attribuer la parole, il y aurait moins de tensions lors des questions-réponses." Avec l’approche des élections, ce sera encore plus exacerbé : " Chaque formation politique va se recentrer sur ses priorités, ses fondements. " Voilà qui promet du spectacle pour les six assemblées qu’il reste à tenir avant le scrutin du 14/10.

RIEN DE PERSONNEL. Ces critiques, Eliane Tillieux le précise, n’ont rien de personnel. "En politique, rien n’est blanc ou noir. Quand nous avons siégé côte à côte comme ministres au gouvernement wallon, nous avons boosté ensemble les dossiers namurois, qu’il s’agisse des moyens pour les murailles de la Citadelle de Namur ou la cathédrale Saint-Aubain, des investissements pour les routes, des fonds Feder… On s’est réjouis d’avoir agi dans le social, avec les points APE qui permettent de soutenir les ASBL namuroises ou des outils de la Ville comme l’abri de nuit, le CPAS…"