Namur Il est parfois plus prudent de circuler à deux roues sur la route plutôt que sur les pistes

"Si vous roulez sur la piste entre Étalle et Vance, préparez-vous à marcher", confie Eric Bouvy, en nous montrant une photo d’un copain pris un jour en train… de porter son vélo sur ladite piste cyclable.

Nids de poule, végétation encombrante et cailloux rendant en effet une partie de ce tronçon peu fréquentable et, surtout, très dangereux. Les cyclistes n’ont guère d’autres choix que de se déporter sur la route. Avec les risques que cela comporte.

"Si on ajoute les incivilités des conducteurs qui ne nous respectent pas tout le temps, on a peur de prendre le vélo quand on passe par là. Dans le passé, j’ai travaillé aux Pays-Bas et je peux confirmer que les pistes y sont plus sécurisées et entretenues. En hiver, il y a même des déneigeuses qui passent", poursuit-il.

Pour l’Arlonnais Michel Gusbin (50 ans), un compagnon de route, la situation est catastrophique. Il a failli percuter une auto lors de sa dernière sortie. Si bien qu’il a posté ce mercredi un commentaire au titre évocateur : le futur mort de la N83 vous parle. "Toi, le ‘ con ’ ducteur qui m’a dépassé dans la montée d’Étalle et qui me dit de rouler sur une piste cyclable… Sache qu’elle n’existe que dans ton imagination. Tu me dépasses sans clignoteurs, en me frôlant malgré le fait de devoir respecter une distance d’1,5 m. À l’avenir, revois plutôt ta conduite et protège-moi", écrit-il en substance. Il envisage même de porter plainte à la police pour voirie en mauvais état.

Du côté du bourgmestre d’Étalle, on tente de trouver une solution. "Je comprends la colère des cyclistes. On est sensible à ce problème qui touche la sécurité. Mais la commune n’a rien à voir avec l’entretien de ce tronçon. C’est une route qui est prise en charge par le SPW (Routes). Sauf erreur de ma part, ils sont intervenus à l’automne dernier. Mais le vent et les récentes tempêtes n’ont pas arrangé la situation. Je vais les recontacter et leur demander de venir rapidement. On peut réfléchir à d’autres alternatives pour éviter provisoirement cet axe", précise Henry Thiry.

L.T.