Namur Tous les prévenus se rejettent la responsabilité

Un moteur de 80 kg à descendre d’un pont roulant à 7 m de hauteur un vendredi après-midi, le 13 novembre 2015 : un boulot pépère pour Art&Voltige, une société spécialisée dans les travaux en hauteur.

Le BEP met la pression car leur ligne de broyage des déchets de bois est à l’arrêt. La firme veut bien réparer si le moteur est au sol. Une équipe est donc détachée vendredi pour effectuer le boulot. Mais si le moteur ne pèse que 80 kg, il commande surtout un énorme râteau de près de 15 tonnes et ce démontage relève plus de l’électromécanique que de la grimpette. Et, lorsqu’on coupe l’alimentation électrique, c’est le drame : le râteau se balance puis finit par s’écraser au sol tandis que le moteur explose, tuant par la projection de ses débris le pauvre Benjamin et privant de la vue et d’un bras Raphaël. Seul, Kevin s’en sort indemne de l’explosion mais en apparence seulement car le cordeur souffre d’importantes séquelles d’un syndrome post traumatique bien réel.

A qui la faute ? Selon l’auditrice du travail, il n’y a aucune logique dans cette affaire mais de la légèreté et de la négligence, beaucoup d’approximation et une désagréable pratique du "C’est pas moi, c’est l’autre !". Elle a relevé aussi l’absence d’analyse de risque qui aurait pu mettre en évidence le manque d’infos, l’incapacité des ouvriers à comprendre le travail à effectuer et l’inadéquation de l’outillage. C’est pourquoi elle requiert une amende de 30.000 € pour la société Art&Voltige et une amende de 10.000 € pour chacun des deux administrateurs, Michaël et Pierre et une amende de 4.800 € pour Pascal, le technico-commercial et pour Olivier, le gestionnaire de chantier.

Du côté du BEP, c’est une amende de 20.000 € qui les attend alors que Philippe, l’ingénieur du site pourrait écoper d’une amende de 4.800 € pour des préventions communes d’homicide involontaire et coups et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité. Les plaidoiries auront finalement lieu le 6 juin.

R. Tom