Namur


Un garagiste de la commune de Florennes est soupçonné d'avoir fraudé à l'électricité entre 2001 et 2016. Le montant qu'Orès lui réclame est colossal mais proportionnel à la longueur de la période infractionnelle : 212.655,40€.

Guy, le garagiste poursuivi, tombe des nues. En janvier 2016, lorsque la fraude a été constatée, il venait de connaître une panne d'électricité. « J'ai contacté Orès. La pièce défectueuse a été remplacée puis, quelques semaines plus tard, j'ai été invité à me rendre chez eux pour m'expliquer sur une fraude. Cela fait 25 ans que je suis installé là. J'ai déjà eu plusieurs pannes, sans compter les relevés de compteur, et on ne m'a jamais rien dit. Et du jour au lendemain, on me dit que je vole de l'électricité. »

Pourtant, le compteur du garage a bel et bien été trafiqué. L'homme qui a réparé la panne a constaté que le coffret n'était pas scellé. Il l'a fait pour que la situation reste inchangée puis a informé les agents spécialisés dans les fraudes. Ceux-ci se sont rendus sur place et ont constaté différentes choses. « On voyait que le coffret avait été manipulé, tout comme le compteur. Les scellés du compteur étaient toujours présents mais avaient été pincés. Les marquages du fabricant étaient presqu'invisibles. Les vis qui ferment la coiffe du coffret portaient des traces de coup et il y avait des griffes au niveau des chiffres de la minuterie », explique un agent qui a constaté les faits. L'index de jour était quant à lui bloqué, au profit de celui de nuit qui était décalé vers la gauche. Durant la période infractionnelle, la consommation annuelle était comprise entre 9.000 et 15.000kWh/an. Depuis que la situation a été régularisée, elle est passée à 67.000kWh/an.

Invité à se défendre à l'audience, le garagiste concerné en était tout simplement incapable. « Si j'avais triché avec l'électricité, je n'aurais jamais appelé Orès pour faire le dépannage. Je n'aurais pas fait entrer le loup dans la bergerie. » Réquisitoire et plaidoiries sont fixés au 12 décembre.