Namur

En général, l’institution provinciale est assez tolérante vis-à-vis des caravanes qui s’installent, souvent sans demander, sur le campus provincial de Salzinnes. " Les gens du voyage viennent chaque année à cette période et ça ne se passe pas trop mal. Parfois, ils demandent même une autorisation en bonne et due forme. On l’accepte ou on la refuse selon qu’on a besoin de l’endroit à ce moment-là ou non ", explique le député président Jean-Marc Van Espen.

S’ensuit généralement un petit jeu de patience entre les propriétaires et les occupants. "On passe leur demander jusqu’à quand ils restent, ils disent qu’ils s’en iront le dimanche. Puis on repasse le mercredi suivant et ils sont toujours là en assurant qu’ils partiront bientôt…"

Dimanche ou lundi dernier, un groupe de caravanes et mobilhomes s’est installé à la sauvage sur le campus provincial de Salzinnes, juste après la fin de l’année scolaire. "Ils ont coupé les haies de la propriété et sont passés à travers tout. Le collège n’a pas apprécié ces dégradations et a décidé, ce jeudi matin, d’intenter une action pour les expulser en bonne et due forme", poursuit le député président. "C’est vrai que chaque année, on doit réparer les incivilités - poubelles un peu partout - voire les dégâts - porte fracturée pour accéder à l’intérieur des bâtiments - et assumer les consommations d’eau qui se sont faites sans autorisation par exemple. Ici, on ne m’a encore rien signalé à part les haies, mais ça suffit. Des haies coupées et arrachées, ça ne se répare pas tout seul", fait remarquer Jean-Marc Van Espen. D’autant que la Ville de Namur est une des seules communes à avoir investi dans une aire d’accueil à Lives-sur-Meuse.

La province ne peut pas expulser les occupants sans autre forme de procès. La police n’a aucun droit de le faire. Du moins pas sans décision de justice. "Même s’ils ne respectent pas les règles, nous, on doit le faire. On va donc engager un avocat pour introduire une action en justice de paix. Ça prendra au minimum quelques jours, pour ne pas dire plusieurs semaines", estime Jean-Marc Van Espen.

Magali Veronesi