Namur Ces distinctions ont choqué la CSC. Jonathan Martin demande le retrait du Godefroid

L’entreprise Veviba de Bastogne était, avant le scandale sanitaire que l’on connaît, considérée comme l’un des fleurons de la province de Luxembourg. À ce titre, elle a reçu, en 2013, le Godefroid de l’économie et, l’an dernier, le prix Trends Gazelles.

Ces distinctions ont choqué Bernard Van Wynsberghe, permanent CSC Alimentation et Services. "Nous avons ri jaune lors de la remise du Godefroid, affirme-t-il. En effet, à l’époque déjà, il n’y avait aucune concertation sociale. Des travailleurs se plaignaient des conditions de rémunération et de magouilles au niveau de la prime du froid. Par la suite, ils ont dénoncé les modifications des dates de péremption. En 2017, nous étions au courant de ces pratiques frauduleuses dangereuses pour la santé et le prix Gazelles nous a fait bondir."

Le permanent rappelle qu’il a alerté les différents services de contrôle, mais qu’aucune suite n’y a été donnée. Jonathan Martin, le président provincial et vice-président exécutif de DéFI, demande, pour sa part, que le Godefroid soit retiré à l’entreprise. "Lorsqu’on se voit décerner un Godefroid, on devient en quelque sorte un ambassadeur du Luxembourg, souligne-t-il. On ne peut accepter que l’image de la province soit écornée par un tel scandale et que cela reste sans suite. Le comité organisateur doit envoyer un signal fort."

Le Libramontois souhaite, par ailleurs, qu’une dimension éthique soit intégrée au concours et que les organisateurs mettent dorénavant l’accent sur des petites structures et évitent les grands groupes dont la politique est décidée en dehors des limites territoriales.

Elie Deblire, président de l’intercommunale IDELux, co-organisatrice des Godefroid, souligne pour sa part qu’il ne faut pas exclure des décisions symboliques, mais que l’urgence n’est pas là aujourd’hui. "Travaillons ensemble à aider nos éleveurs, à faire tourner l’outil à Bastogne, au plus vite, et à 100 % de ses capacités dans le respect des normes et des conditions sanitaires strictes. Il appartient à la justice de faire la clarté sur tout le reste", conclut-il.

N.L.