Namur Une opération win-win public-privé

À partir de 1987, la Région wallonne a commencé à légiférer sur la problématique des déchets. À Grand-Leez dans la commune de Gembloux, le site des Sept voleurs était à cette époque exploité comme décharge communale. Mise en demeure en 1994 par la police de l’environnement, la Ville demande une étude pour la réalisation de la réhabilitation. La facture est estimée à 60 millions de francs (1,5 millions d’euros), impossible à supporter par le budget communal.

En 2006, une solution originale est envisagée : la concession de service public. En clair, cette procédure ouvre la possibilité de réaliser la réhabilitation sans frais pour la commune : " C’est une solution win-win par laquelle le site sera réhabilité par une société privée sans que les pouvoirs publics ne dépensent le moindre euro." explique Benoît Dispa, bourgmestre de Gembloux.

Thibault Mariage , de la société Tradecowall qui a réalisé les travaux, explique les différentes étapes du processus : " Nous avons retenu trois zones, dont une première avec un degré de pollution important. "

C’est dans celle-ci que l’on trouve essentiellement des métaux lourds (cadmium, cuivre, nickel, plomb, zinc) et des hydrocarbures. On distingue quatre grands types d’intervention : évacuation des déchets de surface (encombrants divers, ferrailles, pneus, déchets dangereux et déchets verts), pose d’une membrane étanche (caping) sur l’ensemble de la zone 1 (25.000 m²), réalisation d’une tranchée drainante, création d’un bassin tampon, apport de terres saines et aménagement paysager.

Les +/- de 400.000 m³ de matériaux ont été amenés par des entreprises qui voulaient évacuer des terres (après contrôle de qualité) au prix de 6 € la tonne.

C’est cet apport d’argent qui finance les travaux de terrassement et d’aménagement paysager. Le résultat est surprenant, et Julien Legrand, conseiller environnement, constate : " La nature a repris ses droits, la faune et la flore reviennent. " Ces travaux valent à l’ancienne décharge le statut de Site de grand intérêt biologique.

JDC