Namur Les victimes, par peur, ne se sont pas constituées parties civiles

Le 4 décembre 2016, dans la soirée, un policier sonne à la porte des occupants d’un appartement rattaché à une coquette maison. À l’intérieur, celui-ci en vient au véritable motif de son intrusion chez ce couple : avec ses complices, il veut prendre en otage les propriétaires de la maison.

À l’arrivée du couple, une heure après, le locataire, sous la contrainte d’une arme, attire Henry, le propriétaire, dans l’appartement. Aussitôt, l’homme est passé à tabac par les gangsters. Son épouse, Pascale, doit subir les gestes déplacés d’Ahmed avant d’ouvrir le coffre sous la menace d’une arme.

L’agressivité des bandits augmente quand ils découvrent que le butin sera plus maigre que les 400.000 € prévus : " seulement " 5.000 € ! Ils se rabattront sur des bijoux et sur quatre sacs à main ! Les agresseurs ramèneront de sa chambre un des fils d’Henry, 357 Magnum braqué dans le cou ! Ils s’inquiéteront aussi de la présence de grosses boules dans toute la maison : " Ce ne sont que des boules ", répondra quelqu’un ! En réalité, ces boules dissimulaient des caméras de surveillance !

Pascale a pu discrètement activer une alarme silencieuse. Les policiers sont arrivés sur la pointe des pieds, mais les malfrats ont pu s’enfuir au volant d’une Chevrolet qu’ils incendieront plus loin avant de s’enfuir à bord d’une Golf appartenant à Delphine, l’amie d’un certain Brahim.

Les voleurs ont été trahis par leur téléphonie, minutieusement analysée par la police et par les photos parfaitement nettes des caméras vidéo. Cependant, tous ont persisté à nier !

Le Parquet , au bout d’un long réquisitoire, (trop) souvent interrompu par le principal prévenu, Brahim, a requis les peines suivantes : 22 ans de prison pour Brahim, réputé chef de bande et dealer de cannabis, 21 ans pour Ahmed, aussi coupable d’attentat à la pudeur, 20 ans pour Ali, trop violent, 12 ans pour Damien, le logisticien et 5 ans pour Delphine, avec possibilité d’un sursis total. Plaidoiries le 21 juin.

R. Tom