Namur Transformer un corps en compost n’est pas encore légal. Le projet avance

Dans notre édition du 8 décembre 2015, nous vous parlions déjà de l’humusation. Une alternative à l’inhumation et l’incinération qui n’est pas encore légale en Belgique. Cette idée qui a germé dans la tête de Francis Busigny, Carolo d’origine vivant à Namur et possédant un terrain à Dinant, consiste à transformer le corps d’un défunt par les micro-organismes dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui le transforme en douze mois en humus sain et fertile.

Selon lui et d’autres experts, cette technique a bien plus d’avantages que l’inhumation et l’incinération : ni odeur ni déchet et la production d’un " super-compost " qui pourra servir à la plantation d’arbres. Sur le plan financier, l’humusation ne nécessite par ailleurs pas de cercueil, pas de frais de concession, de pierres tombales ou d’embaumement et pas d’entretien par les proches.

Début 2018, l’humusation n’a pas encore connu de réelle avancée en matière de législation. Sans modification du texte légal, seules l’inhumation et l’incinération sont autorisées en Belgique. Mais Francis Busigny, qui avait présenté son projet aux autorités dinantaises lors de l’été 2014, espère une avancée significative dans les prochains mois.

" Ca ne sert à rien d’harceler les politiques. Ils attendent les retours de Xavier Deflorenne (NdlR : le M. cimetière de la Région wallonne) avant de donner leur feu vert", explique Françis Busginy.

Les partisans de l’humusation doivent donc réussir à le convaincre des bienfaits de cette pratique funéraire. Et c’est en ce sens qu’une avancée pourrait avoir lieu. " Nous sommes en discussion avec l’UCL (université catholique de Louvain). Nous aimerions pouvoir faire des tests scientifiques avec les dépouilles de défunts qui ont rédigé un acte de dernière volonté en faveur de l’humusation et qui ont par ailleurs signé un document officiel pour offrir leur corps à la science. Science au sens de la nature, et non la médecine. "

Les résultats de ces tests leur permettraient de prouver que les conditions de travail d’un humusateur seraient bien meilleures que celles d’un fossoyeur et sans aucune pollution des terres. " Et tant qu’à faire, qu’on compare la qualité des sols avec ceux des cimetières, après une exhumation ", conclu Francis Busigny.

S. M.