Namur Marcel revenait d’un enterrement et était éméché. Une interpellation musclée a eu lieu

Le 3 juillet 2015, Marcel, un solide sexagénaire, revenait de Ciney par la N 4, sans se rendre compte qu’il était suivi depuis Erpent par un combi de la police de Namur. Il fait très chaud malgré l’heure tardive et Marcel a une conduite un peu erratique, due sans doute aux rafraîchissements absorbés lors de l’enterrement de sa belle-mère. Marcel se gare sur le parking de la résidence L’Orjo pour débarquer quelqu’un. Il est aussitôt interpellé par deux policiers. Ils lui demandent ses papiers, lui leur réplique : "Hé, coupez un peu vos lumières ! Je suis connu, moi, ici…" Il se penche dans son auto pour prendre ses papiers de la main droite et… un "jeune blanc-bec" lui passe les menottes à la main gauche ! Crime de lèse-majesté : on ne touche pas à l’épaule gauche de Marcel pour cause d’opération récente !

Du coup, le déménageur se rebiffe et empoigne le policier par ses vêtements : "Si tu me lâches, je te lâche !" Les renforts arrivés entre-temps interviennent et Marcel est plaqué au sol, menotté (il se plaindra durant tout le trajet que ses menottes sont trop serrées !) et embarqué vers le commissariat de la place du Théâtre, direction la salle de fouille. Là, Marcel n’arrête pas de provoquer les policiers en n’obéissant pas aux consignes. Du coup, il se retrouve couché sur le ventre après un "contrôle vasculaire".

Sous ce nom scientifique, se cache une prise qui permet d’immobiliser un individu un bref instant afin de la déstabiliser. Son pantalon lui a été enlevé puis rendu après fouille. Marcel a passé le reste de la nuit en cellule avant d’être relâché vers 5h du matin!

L’homme a aussitôt contacté le Comité P via son avocat, Me Grossi, et a porté plainte contre les policiers en intervention cette nuit-là pour traitements dégradants et violences dans l’exercice de leurs fonctions. Les policiers sont défendus par Me Preumont et l’affaire a été mise en continuation le 1er octobre.

R.Tom