Namur Le septuagénaire doit répondre d’assassinat. Il voulait se suicider.

Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2016, Jean Lahure, 76 ans, étranglait mortellement son épouse Arlette Escoyez, 78 ans, dans leur habitation à Rosières-la-Grande (Vaux-sur-Sûre). Son explication a toujours été constante. Dépressif, il a voulu en finir avec la vie en emmenant dans la mort son épouse. Malades tous les deux, il estimait que son épouse dépendait de lui. Mais il a raté son suicide en s’ouvrant les veines. Depuis lors, le septuagénaire est en détention préventive.

Ce lundi, c’est devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau qu’il a comparu pour répondre d’assassinat. Le 9 novembre 2016, il avait déjà essayé d’étouffer son épouse avec un oreiller. Le couple consultera son médecin traitant pour évoquer cette situation. Un psychiatre sera conseillé. Mais quelques jours plus tard, Jean Lahure passait à l’acte.

"Notre objectif était que nous y passions tous les deux", a-t-il reconnu ce lundi devant le tribunal correctionnel. Un état dépressif accentué chez Jean Lahure par la perspective d’un déménagement. Le contact ne passait plus avec la fille et le beau-fils d’Arlette Escoyez, propriétaire de la maison de Rosières-la-Grande. Tout le monde étant voisin dans un bâtiment partagé. Mais pour le ministère public, Jean Lahure a voulu éliminer son épouse qui lui tenait tête. Et le substitut Alexandre François d’énumérer des éléments de préméditation : des recherches sur Internet sur la strangulation et les artères, un contact avec la banque pour savoir si les comptes seraient bloqués en cas de décès, une tentative d’étouffement le 9 novembre 2016.

"Il a soupesé son acte, il y a réfléchi froidement pour reprendre le contrôle des éléments lui échappant", estime le substitut réclamant 18 ans de prison pour assassinat. La défense de Jean Lahure conteste la préméditation mais pas le meurtre qui a bien eu lieu. "Il y a un état dépressif, il ne s’agit pas d’un crime crapuleux, il était amoureux de sa femme", dit son avocat Me Caroline Lepied. Et pour apaiser les souffrances respectives, il aurait commis l’irréparable. La défense demande le sursis, le septuagénaire pouvant être hébergé en institution. Jugement le 12 avril.