Namur La production laitière diminue. Si cela continue, on a assistera à une pénurie

Le manque de pluie et les fortes chaleurs risquent de poser de gros soucis aux agriculteurs dans les prochaines semaines. Aux producteurs de beurre aussi. "Cela n’a jamais été aussi calme que cette année. J’ai trois collaborateurs qui prennent un peu plus de congés que d’habitude et il n’est pas exclu qu’il y ait du chômage économique en août, car les ventes de beurre avec cette météo sont catastrophiques", explique Lionel Plaquette de la ferme L & L Plaquette à Mesnil-Saint-Blaise (Houyet).

La principale raison en est que l’engouement du consommateur pour le beurre en cette période estivale diminue. Du coup, la production aussi. "Avec ces températures, les gens sont moins attirés par les matières grasses. Quelqu’un qui vient acheter son beurre va plus vite partir avec un paquet de 250 g que 500 g et il n’en prendra pas pour faire un gâteau aux pommes… Si on avait dix degrés de moins, la demande serait plus forte. En juin, juillet et août, on fait toujours moins de chiffre qu’en octobre, novembre et décembre. Mais je n’ai jamais connu un été si calme", poursuit Lionel Plaquette.

Pour pallier cette diminution, la ferme Plaquette compte sur ses autres produits plus estivaux, comme sa gamme de seize yaourts, ses meringues, ses crêpes et ses gaufres.

Ce climat a également un impact sur les vaches, qui produisent moins de matières grasses et de protéines. "C’est comme les humains. Lorsque la pression atmosphérique est lourde et qu’il fait chaud, les vaches préfèrent rester relaxes. De plus, leur herbe est brûlée. Les agriculteurs doivent faire attention à leurs coûts de production et préfèrent attendre qu’il pleuve. Dès lors, c’est comme si elles mangeaient du foin. Leur nourriture est moins énergétique, ce qui implique une diminution des matières grasses et des protéines."

Le risque de pénurie des matières premières n’est donc pas exclu. "Je travaille en direct avec les agriculteurs et fromagers qui collectent la crème. Il faudrait avoir quelques jours de fine pluie pour que les vaches retrouvent une nourriture plus riche. Si la sécheresse perdure, on pourra être plus précis d’ici quinze jours sur le risque de pénurie."