Namur La Ville et les riverains espèrent une victoire.

Le projet d’un centre de traitement de déchets défendu par la société Janus (qui rassemble des intérêts financiers chinois, taïwanais et belges), à quelques encablures à peine du pont de Seilles et donc très proche du centre-ville, revient sur le devant de la scène. Suite à l’introduction d’un recours en annulation auprès du Conseil d’État par la Ville d’Andenne, l’auditeur vient de remettre son rapport. Qui n’est pas favorable au projet. Ce qui ne manque pas de réjouir la Ville et des habitants qui étaient montés au créneau pour s’opposer à une telle infrastructure en l’endroit.

Attention, le dossier n’est pas clos, le Conseil d’État doit encore statuer sur la suspension, et ultérieurement encore sur le fond, mais on sait aussi que dans une large majorité des cas, il suit l’avis de l’auditeur. "Quatre hectares de terrains situés en zone industrielle, face au magnifique bâtiment de l’AIEG rue des Marais, ont été concédés par le port autonome à l’entreprise Janus, rappelle Claude Eerdekens. La volonté du port était de permettre sur ce site assaini par la Spaque, c’est-à-dire par la Région wallonne, à un coût de 3 millions d’euros, l’implantation en plein cœur de notre ville d’un centre de traitement de déchets non ferreux et autres, et ce à proximité du pont. L’enquête publique a suscité, de façon légitime, un tollé de la part de la population. Il y a deux ans, soit en date du 30 septembre 2016, le collège a émis un avis très défavorable sur ce projet. Malheureusement, en date du 22 décembre 2016, les fonctionnaires technique et délégué ont délivré le permis unique à l’entreprise Janus."

La Ville a bien introduit un recours auprès du gouvernement wallon, mais les permis (d’une durée de 20 ans pour le permis d’environnement, d’une durée illimitée pour le permis d’urbanisme) ont été confirmés par le ministre Di Antonio. C’est en apprenant que Janus avait l’intention d’entamer les travaux que la Ville a saisi le Conseil d’État, avec requête en suspension, le 2 juillet dernier. Suite au prochain épisode : le dossier sera plaidé devant le Conseil d’État le 15 octobre prochain, sur base de l’avis de l’auditeur qui propose de suspendre les travaux tant que le même Conseil d’État n’a pas tranché sur le fond, soit l’annulation ou non des permis.