Namur Alors que MacDo abandonne la paille en plastique, la Ville fait face à des cartons de pizzas et déchets de burgers qui traînent

Les Namurois se plaignent souvent que leur ville devient sale. C’est vrai qu’elle l’est davantage depuis quelques années, même si le service Propreté publique investit toujours plus de moyens humains et matériels pour lutter contre la saleté. On remarque ainsi un nouveau type de déchets sauvage, de plus en plus présent dans les rues : les emballages de fast-food. "Les gens mangent de plus en plus en rue. Ils vont chercher des burgers au drive-in, s’installent en bord de Meuse du côté de Jambes par exemple, et laissent leurs déchets sur place" , observe l’échevin de la Propreté publique Bernard Guillitte.

"On retrouve aussi des cartons de pizzas à côté des poubelles, soit parce que les gens mangent chez eux, mais ne veulent pas gérer le déchet dans leur propre poubelle, soit parce qu’ils mangent à l’extérieur et que ça ne rentre pas dans les bornes de propreté", poursuit celui qui se réjouit d’avoir touché un mot au CEO de MacDonald’s Belgique au sujet des pailles en plastique, et voit aujourd’hui le restaurant de Namur faire partie des premiers qui adoptent celles en carton.

Autre déchet qui ne rentre pas totalement et bloque le haut des poubelles, empêchant les autres déchets de rentrer et formant des monticules tout autour : les cornets de pâtes. "Ceux en carton se pliaient facilement. Depuis que la plupart sont en frigolite, le haut est plus large et ne rentre pas dans les poubelles, en particulier dans les poubelles modèle prestige au parc Louise-Marie et au jardin du Maïeur. Les consommateurs pourraient les casser pour les faire rentrer, mais ça les éclabousserait sans doute donc ils préfèrent les laisser à moitié dedans."

C’est un tel problème de propreté publique que la Ville envisage de changer ses poubelles. "On va demander au constructeur s’il existe un couvercle de poubelles qui laisse passer un centimètre pour pallier ce problème", reconnaît l’échevin qui s’avoue un peu agacé de devoir gérer les incivilités à grande échelle.

"Certains patrons de fast-food sont très attentifs à ça. Mais je vais tout de même les réunir pour rappeler leurs obligations et les sensibiliser à la gestion des déchets par leur clientèle. Il faudrait aussi contacter les petits revendeurs, mais c’est parfois plus compliqué d’entrer en contact avec les petits fast-foods que les grosses compagnies", sourit Bernard Guillitte.

Magali Veronesi