Namur Même pour l’entreprise de Graeve, construire ce parking est un exploit

Les Namurois qui passent par le Grognon chaque jour ne s’en rendent peut-être pas compte, mais le chantier du parking du Grognon est une prouesse à plus d’un titre. On l’a déjà dit : les concepteurs ont dû le concevoir comme un bateau arrimé à la roche. Mais ils ont aussi dû changer leurs plans à mesure que le chantier avance pour s’adapter aux réalités du sol et de l’eau.

Pour retenir les bonnes options, les ingénieurs ont notamment dû estimer le volume d’eau qui allait faire son chemin à travers la roche. Il était estimé de 25 à 250 mètres cubes par seconde par un expert extérieur : on est finalement bien en dessous, ce qui permet aux constructeurs de souffler.

Ce parking de 650 places sur 4 étages et 6.500 mètres carrés descend jusqu’à 12 mètres sous le sol, soit 9 mètres sous le niveau de la Meuse et de la Sambre. Rien que la technique des pieux préfondés est exceptionnelle de par chez nous : des pieux en acier sont descendus dans un puits foré et consolidés à la base par du béton armé coulé dans le puits du trou, le plus délicat étant de forer au bon endroit et d’enfoncer les préfondés avec le bon angle.

Des pièces en double T de 40 tonnes chacune ont dû être fabriquées spécialement pour le parking du Grognon. "Avant de remettre offre, on s’est d’abord assuré que c’était possible à faire pas loin d’ici", explique Olivier Mareschal de l’entreprise de Graeve.

"Le fait de travailler dans la roche et dans l’eau est inhabituel. On n’a pas du tout l’habitude de ça, mais on étudie le projet depuis un an et demi donc on ne peut pas dire qu’on n’est pas préparés même si ça reste un défi : le plus gros chantier que l’on ait eu à réaliser jusqu’ici, en fait", avoue-t-il encore.

Puisqu’il y a de l’eau sous le parking, il faut tenir compte du principe d’Archimède. "Selon lui, il y a 9 tonnes par mètre carré qui s’exerce sur la totalité de la surface, donc vous imaginez si vous faites le calcul pour 5.000 mètres carrés… Il va falloir mettre en place un système d’ancrage, des vis dans la roche qui vont permettre de fixer le parking si on ne veut pas qu’il se soulève et se retrouve emporté par la Meuse jusqu’à Liège", plaisante l’ingénieur.

Alors que le parking se dessine, mais est loin d’être terminé, le SPW vient d’attribuer le marché des travaux de voirie, à savoir le rond-point qui va partiellement empiéter sur la surface du parking. "Il faudra sans doute un an de travaux, mais tout dépend de la météo", explique Erwin Marchal, de la direction des routes. Là aussi, le défi est de taille puisqu’il faudra faire correspondre des routes qui ne sont pas au même niveau : le futur rond-point du Grognon sera ainsi surélevé de 60 centimètres.