Namur Impliqué dans un incident, il a mis plusieurs fois sa profession en avant.

À Laneffe, un policier a un peu trop mélangé sa vie privée avec sa profession. Un an de prison a été requis ce mercredi par le parquet de Namur à son encontre pour une entrave méchante à la circulation et des faits de coups et blessures.

La scène remonte au 16 août 2016. Johan rentrait chez lui en voiture, avec son ex-compagne et sa fille, lorsqu’un cyclomoteur est arrivé à sa hauteur. "À une allure excessive. J’ai freiné pour prendre un virage. Le pilote a porté un coup de pied dans ma voiture. Je l’ai suivi jusqu’à une voie sans issue. J’ai directement sorti ma carte de police. Il a pris la fuite. Je l’ai retrouvé par hasard dans Laneffe. Il a chuté de son cyclo mais s’est relevé. Porteur d’un casque, il s’est approché agressivement vers moi. J’ai tenté de lui mettre un coup de poing à travers le casque puis je l’ai balayé pour le maîtriser au sol."

Voilà pour la version du policier, qui n’était pas en service ce jour-là. Mais la victime et un témoin en ont une autre. Johan, au volant de son SUV, aurait volontairement percuté le cyclomoteur. Suite à la chute, le jeune homme a eu le poignet cassé. Difficile dans ces conditions d’imaginer le pilote se diriger agressivement vers lui. Johan lui aurait mis un coup de genou dans le ventre avant de le balayer et de lui mettre plusieurs fois ses doigts dans les yeux une fois au sol.

Si le prévenu a contesté l’entrave méchante à la circulation, il a à tout le moins reconnu le balayage et une tentative de coup de poing pour lesquels son avocat a plaidé la légitime défense. Ce qui interpelle par contre, c’est l’attitude du prévenu. Outre le fait d’avoir mis en avant sa profession et d’avoir utilisé la violence, il a consommé trois cannettes de bières en attendant l’arrivée des policiers pour la réalisation du constat. Rendant le test d’alcoolémie impossible…

"En agissant de la sorte, il ne peut que laisser penser à mon office qu’il était déjà sous influence", a commenté le parquet de Namur. Ce n’est pas tout. Lorsqu’un policier lui a ultérieurement demandé une information dans le cadre d’un devoir d’enquête complémentaire, Johan a répondu en mettant une nouvelle fois sa profession en avant. "Vomitif", a encore précisé le parquet, qui a tout résumé en un seul mot. Jugement le 19 décembre.

S. M.