Namur Le projet du Foyer namurois va amener des tensions dans le quartier, selon ses détracteurs>

Michèle Billen est une de ces Namuroises qui s’investissent dans leur ville. C’est elle qui a attiré l’attention du voisinage sur l’enquête publique sur la création de 20 logements sociaux par le Foyer namurois rue de Coquelet. Un projet qui vient de recevoir l’assurance des subsides de la Région wallonne.

"Je suis rue Bel Horizon donc je ne suis pas directement concernée par ces deux tours de 5 étages. Mais je pense que les riverains ne se rendaient pas compte que le projet allait les impacter et qu’ils pouvaient y réagir donc j’ai distribué un toutes-boîtes. Par exemple, les locataires du Foyer namurois ne savaient pas qu’ils pouvaient donner un avis", explique-t-elle.

Si certains propriétaires de maisons rue de Coquelet auront la vue bouchée par les deux bâtiments à construire, d’autres problèmes ont été soulevés par quelques personnes ayant déposé leurs remarques au service urbanisme de la ville de Namur. La mobilité, comme dans chaque nouveau projet ou presque. "Pour l’instant, il y a déjà des difficultés, mais 20 logements supplémentaires, ça va aggraver la situation même si le Foyer namurois argue que les logements sociaux n’amènent pas de véhicules supplémentaires", souligne Michèle Billen. Et le manque d’espaces verts tracasse aussi certains riverains.

"Pour l’instant, les parcelles sur lesquelles on envisage de construire sont des pelouses et offrent de la respiration dans le quartier. Quand les immeubles les remplaceront, il n’y aura plus une once de verdure dans le quartier", déplore-t-elle. Ce à quoi le Foyer namurois répond qu’une aire de jeux ou un square peuvent être envisagés après la construction si le besoin s’en faisait sentir. "Mais je ne sais pas si ce sera le cas. Pour l’instant, les locataires des immeubles existants sont plutôt des personnes seules sans enfants. Et puis, rue de Coquelet, on n’est pas dans la situation d’un quartier d’hyper centre-ville très compact qui a absolument besoin d’un parc pour respirer", argumente le directeur du Foyer namurois Baudouin Sohier tout en mettant en avant une réalité sociale accablante : 1 300 à 1 500 demandes de logements en attente.

Magali Veronesi