Namur Le bourgmestre PS de Sambreville voit un retour des "marqueurs idéologiques".

Sambreville est historiquement un bastion du PS, les socialistes y disposent d’une majorité absolue plutôt confortable, actuellement de 18 sièges sur 29. Ils profitent pleinement de la logique du scrutin proportionnel puisque 50,8 % des électeurs sambrevillois avaient voté pour une autre liste en 2012.

Cette hégémonie peut-elle vaciller ? C’est à voir.

Rencontre avec le bourgmestre sortant, Jean-Charles Luperto.

À Sambreville, on a connu des élections très dures comme celles cristallisées sur le dossier de la prison. Cette année-ci, c’est autre chose, non ?

"Je trouve que nous sommes davantage revenus à des marqueurs idéologiques, à des débats d’idées, dans le respect des personnes. Et je m’en réjouis. Cela n’empêche que, parfois, la mauvaise foi s’invite, cela reste difficilement évitable en politique. Mais oui, avant, on était plus dans l’invective, et le débat public n’en sortait pas grandi."

Les deux principales forces de l’opposition, MR et CDH, feront liste commune. Un commentaire ?

"Ce n’est pas vraiment une première à Sambreville, on avait déjà vu ça en 1982 et en 2000. Je crois que c’est surtout le fruit de la difficulté pour eux de constituer des listes. Pour le reste, le choix de faire un groupe commun leur appartient. Je le constate, c’est tout."

À Sambreville, comme ailleurs en Wallonie et particulièrement en province de Namur, Défi s’installe. Étonnant ?

"De manière générale, Défi mène une stratégie qui vise à ponctionner des profils dans d’autres partis, principalement au DH, et aussi au MR. Ce n’est pas novateur. Personnellement, je m’attends plutôt à un transfert de voix plutôt qu’autre chose. On connaît la volonté du président Olivier Maingain de s’implanter en Wallonie, alors que ce parti a cette image de défense des intérêts francophones à Bruxelles, avec des thématiques très communautaires."

Et à droite de la droite ?

"On verra. Il n’est pas impossible qu’il y ait une liste de ce type à Sambreville. Il y a eu en tout cas des démarchages dans des logements sociaux, avec un discours très caricatural…"