Namur Il est accusé de calomnie par le centre Saint-Martin de Dave

Ce mardi 4 septembre, le psychiatre Arnaud Misson a dû annuler une partie des rendez-vous avec ses patients pour répondre à une citation en référé du tribunal civil de Nivelles pour calomnie à l’égard des Frères de la charité et de leur institution, le centre neuropsychiatrique Saint-Martin de Dave.

Sur sa page Facebook Maltraitance au centre neuropsychiatrique Saint-Martin de Dave, Arnaud Misson publie les témoignages recueillis ces dernières années et invite tout un chacun à partager son expérience de l’hôpital de Dave. Pour le psychiatre, tout débute en 2011 lorsqu’il est engagé au CNP. "Malgré mon expérience, j’ai été d’emblée envahi par la violence ambiante régnant dans l’ensemble du pavillon, mais aussi par la tolérance des soignants à l’égard de cette violence."

Durant trois mois, il entreprend alors une étude prospective de cette violence en interne et conclut à la présence récurrente de maltraitance. D’après lui, les agressions sont de tous les types: violences physiques, verbales, voire sexuelles.

Le 13 août dernier , Arnaud Misson avait déjà reçu une mise en demeure du cabinet d’avocats nivellois qui défend les intérêts des religieux, lui enjoignant, entre autres, de modérer son mur Facebook et de retirer la photo du directeur, Mr Folens, à qui le Docteur Misson prêtait des propos injurieux, voire calomnieux sur l’institution. Cette photo a été ôtée il y a peu dans un but évident d’apaisement.

Hier matin, Arnaud Misson était quelque peu lassé d’apprendre qu’il serait parmi les derniers à se présenter devant la juge Panier puisque le docteur avait fait le choix de se défendre seul, sans avocat, comme le veut la tradition !

Quand vint son tour, le psychiatre était quelque peu tendu, un brin nerveux. Alors qu’il s’attendait à une solution rapide, du genre "voilà, vous êtes condamné et vous devrez payer telle ou telle somme aux Frères de la charité", Arnaud Misson a été tout surpris de devoir répondre à un calendrier assez serré : il ne disposera que de trois semaines pour recueillir les témoignages, faire citer valablement les différents témoins et présenter une ligne de défense valable.

"Le plus difficile, nous a-t-il confié, ce sera d’amener à la barre certains témoins et de leur faire raconter ce qu’ils ont à dire au bon moment car la plupart d’entre eux ont de graves problèmes mentaux !"

En tout cas, le docteur Misson était fort heureux d’avoir affaire à la juge Panier, une magistrate qui lui a paru à l’écoute du justiciable. Le Docteur Misson a de nombreux arguments à faire valoir. Il a jusqu’au 25 septembre pour envoyer ces documents à la partie adverse et au greffe du tribunal sinon il aura tout perdu et devra payer des astreintes allant jusqu’à 1 000 euros par jour !

R. Tom et L.Do.