Namur Voilà qui devrait rassurer le donateur du million d'euros qui voit le projet 78 annulé

Le bourgmestre Maxime Prévot a été interpellé par Eliane Tillieux (PS) et Françoise Kinet (indépendante) ce jeudi soir au conseil communal. En cause: le projet d'accueil de jour et l'opposition qu'il a manifestée pour que celui-ci se tienne au 78 de la rue Saint Nicolas alors qu'une pétition lui a été remise.
Outre les réactions épidermiques envers madame Kinet, qui fait le parallèle entre les 14.000 signatures contre le centre commercial et les 132 du quartier Saint-Nicolas, rappelant les enjeux électoraux, le bourgmestre a eu des paroles rassurantes: "Oui, je souhaite un abri de jour. ce n'est pas la pétition, c'est une conviction parce que j'ai ouvert mes oreilles."
Il a par contre expliqué les raisons de son veto: la localisation en raison d'un équilibre d'un quartier fragile, les analyses d'associations de quartier, l'opposition farouche de la maison médicale... Et le manque de perspectives: "certes, on sait qu'on a un million d'euros potentiels, quid après 5 ans? "
Alors que le bourgmestre évoque l'absence de travail professionnel, le manque de maturation du projet, le président du CPAS souligne le travail engagé de l'asbl Educ'action et dignité qui "ne se contente pas de se positionner comme bailleur de fonds".
Où l'abri de jour en est-il?
Le projet au 78 de la rue Saint Nicolas "n'est pas tombé aux oubliettes, loin de là", assure le président du CPAS. Il est rendu difficile par la médiatisation. "Les riverains ne se sont pas sentis respectés dans le processus de négociation. Le maintenir handicaperait l'accueil de jour qui ouvrirait dans un climat de tension." Les craintes ont été cristallisées en opposition franche.
Malgré cela, le président du CPAS se réjouit de cette manne d'un million d'euros par un généreux donateur et se fixe comme objectif de trouver le bon endroit pour cet abri de jour. "Le périmètre adéquat se trouve à maximum 1,5 km du centre-ville. Je ne m'interdis pas d'envisager un autre local dans le même quartier", dit-il.
Concernant le fonctionnement de cet abri et son positionnement dans le maillage associatif, le travail est en cours. Une réunion a lieu encore ce vendredi entre l'asbl porteuse du projet et le relais social urbain namurois concernant le pilotage de ce projet. Le RSUN a étudié la possibilité d'un abri de jour depuis plusieurs années, fort de l'expérience de sa trentaine de partenaires dans la grande précarité. De plus, il a la tutelle sur tous les accueils de jour.
Il tient à rassurer les Namurois: même si le défi d'ouvrir pour le 1er novembre est grand, rien ne sera fait dans la précipitation. "Le projet doit avoir une identité avant d'ouvrir. On ira voir les gens du quartier, j'ai le sentiment que l'opinion peut changer. On ne mettra personne devant le fait accompli, on garantira l'intégration dans le tissu associatif,
Philippe Noël estime que le projet reste jouable, même s'il demande l'intervention de toutes les bonnes énergies pour y arriver", Maxime Prévot prévient: "quel que soit le quartier, la cohabitation sera difficile"