Namur Un citoyen commerçant propose une idée révolutionnaire : des bornes pour remplacer les mendiants. La Ville suivra-t-elle ?

Loïc est un trentenaire habitant dans le centre-ville. Il est commerçant sans avoir une boutique physique. Les nuisances de malpropreté, d’odeurs, de bagarres, de drogue, d’alcool, désormais typiques du centre-ville, il les vit chaque jour. Cela lui pose des problèmes quotidiens. Au lieu de se plaindre, il travaille depuis trois mois sur un plan d’action qu’il présente ce mercredi matin aux commerçants et à la Ville.

D’emblée, il refuse de les ramener les problèmes du centre-ville au seul statut du mendiant.

"Si on doit mettre une étiquette dessus, il s’agit davantage de marginalité que de mendicité. Mais il faut surtout dire que ce n’est pas un combat de riches contre pauvres." Tout en ne niant pas le travail des associations de quartier ou le travail social de la Ville, il arrive au constat que cela ne suffit pas à préserver la qualité de vie de ceux qui vivent, fréquentent ou font commerce dans le centre de Namur.

Loïc part du principe qu’il faut être solidaire, mais il veut éviter d’encourager les comportements qui harcèlent les passants. "Les commerçants paient beaucoup de taxes, sont soumis à beaucoup d’obligations et ne peuvent pas se permettre de voir leurs affaires mises en péril par d’autres personnes qui ne sont soumises à rien. La rue et les trottoirs doivent cesser d’être une zone de non droit", dit-il.

En même temps, la mendicité est un moyen pour s’en sortir. Donc il propose un système de bornes dans la ville pour accueillir les pièces des passants, dont le bénéfice sera ensuite redistribué aux mendiants. "On peut récolter jusqu’à 500 € par jour. À cela, il faut ajouter une cotisation encouragée, mais non obligatoire des commerçants, imaginons 30 € par mois ou davantage pour les grandes enseignes. Sur l’année, avec ce financement solidaire citoyen/commerçant, on arriverait à une somme colossale que la Ville ne pourrait pas se permettre d’allouer. À travers une ASBL, cela pourrait être réparti en complément aux allocations du CPAS ou d’autres revenus pour compenser la perte du revenu lié à la mendicité et permettre à la personne de se pencher sur l’avenir."

Magali Veronesi