Namur

La police les arrêtera s'il le faut: par ce froid, c'est une question de vie ou de mort 

La nouvelle vient de tomber: excettionnellement, par ces températures glaciales, l’aide sociale sera contrainte dans l’intérêt de la vie des SDF.

"Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot et l’échevine de la cohésion sociale, Stéphanie Scailquin ont réuni ce midi les équipes de la cohésion sociale afin de définir un dispositif temporaire et exceptionnel de prise en charge des sdf en cette période de très grand froid. La forte vague de froid qui traverse notre pays fait craindre des risques d’hypothermie sévère pour les personnes qui s’abritent en rue et qui refusent toutes les aides procurées par les services sociaux. Le gel nocturne réel et les températures ressenties vont s’accentuer les prochaines nuits. C’est pourquoi, le Bourgmestre a décidé de prendre une ordonnance applicable dès ce jour et jusqu’au 8 mars prochain afin de recourir exceptionnellement l’aide sociale contrainte", communique la ville.

Concrètement, entre 18h et 21h, les travailleurs sociaux du dispositif d’urgence sociale (DUS) feront des maraudes systématiques. Ils circuleront en ville à la rencontre de sans abris récalcitrants, qui ne se rendent pas d'eux-même à l'abri de nuit. "Les températures glaciales ne permettent plus de laisser le choix ou non aux sdf d’être pris en charge. Le risque est trop grand pour leur propre vie", justifie l'échevine de la cohésion sociale. Ceux qui veulent rester en rue seront signalés afin d'être arrêtés administrativement. Ils seront amenés soit à l’abri de nuit soit au poste de police si la personne a fait l’objet antérieurement d’une mesure d’exclusion de l’abri de nuit en raison de comportements agressifs, violents ou inappropriés. Une nuit au chaud sera ainsi garantie, même de force, à chacun.

"La police sera aussi présente de manière plus affirmée les premières heures de l’accueil à l’abri de nuit pour s’assurer que les personnes arrêtées administrativement et y amenées, soient calmes et non agressives à l’égard des éducateurs sociaux ou les autres hébergés de l’abri de nuit", précise encore le bourgmestre.

Actuellement l’abri de nuit n’est pas complet. Des places y sont donc disponibles. Pour rappel, l’abri de nuit, la caserne à Jambes et la mise à l’hôtel en cas de saturation sont mobilisés. "A titre temporaire aussi, durant la même période et à dater de ce jour, l’accueil s’y fera de manière permanente et plus uniquement dans des créneaux horaires définis (21h-21h30) . Ainsi un sdf qui se présenterait tardivement, en cours de nuit, y sera donc hébergé. A cette fin, des places seront maintenues disponibles tout au long de la nuit à l’abri de nuit", communique la ville.

Des contacts ont été pris par l’échevinat de la cohésion sociale avec les différents intervenants associatifs (Resto du Cœur, Une Main tendue, Sauverdias, Croix-Rouge,…) pour faire le point avec eux sur la situation. Ces associations se disent prêtes à faire preuve de souplesse au niveau de leurs plages horaires d’accès, afin qu’il soit possible en journée d’offrir des lieux accueillants et chauffés à tous les sdf qui les sollicitent. "Pour autant, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de besoin spécifique exprimé à ce sujet émanant directement du terrain".

L’ensemble de leurs disponibilités sont accessibles sur http://www.namur.be/fr/ma-ville/social/cohesion-sociale/actualites/vague-de-froid-annoncee-jusqua-la-fin-du-mois

Le bourgmestre demande aux services d’urgence des hôpitaux de veiller durant cette même période, à conserver en hôpital les quelques sdf qui s’y présentent en raison de problèmes de santé ; et éviter, comme très souvent, de les remettre à la rue en cours de soirée ou de nuit, une fois le check médical effectué. Cela ne pourra qu’améliorer les prises en charge et éviter de créer des situations difficiles complémentaires aux travailleurs sociaux.

La ville rappelle le dispositif d’urgence sociale – 0800/124.20 et les urgences médicales : 112. N’hésitez pas à contacter un de ces numéros si vous êtes en difficulté ou si vous constatez une personne en difficulté.