Namur Les résidents du centre-ville de Namur sont discriminés dans l’accès aux soins par manque de stationnement pour les prestataires

Jean-François est infirmier depuis vingt ans et dispense des soins à domicile depuis dix-sept ans. Plusieurs fois il a fait remonter le message à la Ville de Namur, qui fait la sourde oreille. "Les habitants du centre de Namur n’ont pas accès aux soins comme les autres. À cause de l’impossibilité de se garer, une majorité d’infirmiers refusent ces patients. Alors qu’il suffirait d’une prise de position du politique et de quelques aménagements à moindre coût", dénonce-t-il.

Jean-François travaille en collaboration avec trois autres infirmiers namurois indépendants à qui il confie des patients lorsqu’il en a trop ou qu’il a besoin d’être remplacé. Des 4, il est le seul à encore accepter les soins au centre-ville. "Je pars du principe que tout le monde doit avoir accès aux soins de la même manière, donc j’accepte aussi bien les simples injections que les soins plus importants (et plus rémunérateurs, NdlR) . Mais quand je vois le nombre de contraventions que j’amasse sur l’année, je me sens parfois le dindon de la farce."

Pour certains patients , il est impossible de trouver une place de stationnement dans le pâté de maisons. "Je ne joue pas la facilité, je fais un tour ou deux dans le quartier avant de me résoudre à stationner en infraction. Et encore, je fais attention aux autres usagers : je laisse assez de place sur le trottoir ou en double file pour le passage des PMR ou des pompiers… Je mets ma plaque infirmier à domicile , mais je me ramasse plusieurs contraventions chaque mois, déplore celui qui a tout essayé.

Quand je peux, je ne viens dans le centre de Namur qu’en fin de matinée ou en début d’après-midi. Mais on ne peut pas choisir la plage horaire si on doit soigner le patient trois fois par jour. Quand je vois la détresse de certains patients qui ne trouvent pas d’infirmier, je refuse d’arrêter de desservir le centre-ville pour mon confort personnel, dit Jean-François.

Il faut se rendre compte que certains quittent Namur devant la difficulté à y être soignés. Et d’autres qui l’envisagent sont dissuadés de venir habiter dans le centre", observe celui qui demande à ce qu’on se rende compte qu’il s’agit d’un intérêt pour la collectivité et non personnel. "Il y a quatre ans, je me suis mis au scooter, mais j’ai arrêté au bout de trois mois. Les routes sont très insécurisantes, entre les nids de poule et les revêtements glissants..."

Magali Veronesi