Namur Avant la fermeture du Baby Boys Bar, la rue des Brasseurs était le Petit Marais

Alors que la 10e édition des Fiertés namuroise - grande fête qui précède traditionnellement la Gay Pride de Bruxelles - se tient sur la place d’Armes ces vendredi et samedi, le constat est clair : il manque de lieux pour la communauté LGBT. "Certes, il y a quelques endroits gay-friendly (Le Green Fairy ou Le Monde à l’envers, NdlR), mais rien de comparable à Bruxelles ou Liège où l’on puisse se comporter normalement à Namur, se tenir la main, s’embrasser, sans craindre le poids des regards", explique Mélissa Gonay, chargée de projets à la Maison Arc-en-ciel de Namur.

Alors le Chen (cercle homosexuel étudiant de Namur) organise de temps en temps des soirées à l’Arsenal. Six fois sur l’année, les Fiertés namuroises organisent une soirée Tea Dance au château d’Amée de 17 h à 23 h "Mais il manque clairement un lieu festif pour la communauté pour les personnes lesbiennes, gays, bi et trans à Namur. Pour la sociabilisation, mais pas seulement."

Une agression récente à Bruxelles, simplement parce que deux garçons sortaient d’un bar gay en se tenant la main, rend compréhensible une certaine appréhension à se comporter normalement ou montrer des gestes simples d’affection en public.

"Heureusement, les mentalités ont évolué depuis dix ans. En 2008, on ne pouvait pas passer une annonce pour nos activités dans le journal de l’évêché", souligne Tom des Maison Arc-en-ciel Wallonie. Namur n’est pas hostile, mais pas à la pointe non plus. Impossible d’imaginer une Gay Pride dans la capitale de la Wallonie.

"On dit souvent que les Namurois sont coincés, moi je les observe depuis longtemps et je ne trouve pas", estime Marie-France, bénévole aux Fiertés. "Ils sont réservés, c’est une question d’éducation. Pour autant, une fois qu’on a réussi à nouer le dialogue, on a tout gagné", assure-t-elle.

Ce dialogue, les représentants des associations LGBT le noueront ce samedi en allant à la rencontre des passants attirés par la fête familiale organisée place d’Armes. Pour jeter des ponts, se faire connaître du Namurois lambda, proposer des animations et sensibilisations, mais aussi répondre aux jeunes en questionnement.

Magali Veronesi