Namur L’ex ministre, qui mène la liste PS aux communales, estime qu’une capitale mérite de choisir une femme pour la diriger

Le 8 mars, Journée internationale des droits de la femme, nous avons choisi d’interroger la candidate bourgmestre PS à Namur, Eliane Tillieux. Celle qui a été, de 2009 à 2017, la seule femme au gouvernement wallon en aurait des anecdotes pas drôles à raconter sur le manque d’équité, la domination du costume cravate, les remarques et a priori, dans les assemblées et à l’exécutif, à l’instar d’autres milieux professionnels.

Le combat des femmes est permanent, témoigne-t-elle. "Pendant 8 ans, j’ai été la seule femme au gouvernement wallon. C’est inadmissible car il y a d’autres femmes politiques qui font très bien leur travail". Pour Eliane Tillieux, les quotas sont un passage obligé. "De la même manière qu’on a imposé la parité hommes/femmes sur les listes électorales, je signe un projet de décret du groupe socialiste qui demande d’instaurer au niveau wallon la parité dans les collèges communaux".

À la commune comme ailleurs, il y a aussi trop peu de femmes occupant des fonctions d’échevin. "Il doit y avoir autant d’échevins féminins que masculins. C’est important pour marquer une avancée dans la société, signifier que chacun peut disposer de sa carrière et de sa vie de manière égale. Si, en politique, nous ne montrons pas l’exemple, c’est compliqué de transmettre le message aux citoyens." Le texte est sur la table du parlement wallon et son destin sera scellé dans un à trois mois.

La volonté de devenir bourgmestre de Namur s’inscrit dans cette logique. "C’est aussi un point fort de savoir qu’il n’y a pas que des hommes qui peuvent gérer une capitale, celle de la Wallonie. Une bourgmestre féminine, ce serait novateur, un signe fort."

Personnellement aussi. "Ça me ferait énormément plaisir d’accéder à cette fonction car j’aime ma ville. Je suis née à Namur, j’ai le bonheur d’exercer ma fonction politique ici. J’aimerais encore plus m’y investir."

Si le PS entrait dans une coalition qui lui rendait les rênes, Eliane Tillieux se ferait appeler LA bourgmestre et non LE bourgmestre. "Quand j’étais au gouvernement et qu’on me le demandait, je répondais : Madame la ministre. Madame la bourgmestre, ça me semble évident : le titre est mixte, mais l’article fait la différence."

Magali Veronesi