Namur La crasse, l’envahissement, les incivilités empirent. Les passants la fuient et les commerces voisins en ont plus qu’assez

La rue du Bailly n’est pas longue, mais est un endroit de passage. Elle relie la rue des Brasseurs, historique et très peuplée, à la rue de l’Ange et la place d’Armes. Jusqu’il y a peu, elle était assez agréable, entre le restaurant gastronomique (Parfum de cuisine) et les jolis étalages odorants et colorés du fleuriste (Le Temps des fleurs). Elle a accueilli depuis peu un bar à cocktails très trendy (Botanical) et ses jolis immeubles abritent un centre d’esthétique, un décorateur d’intérieur, etc.

Certes, l’entrée du parking Gifar est vieille, sale et attire les mendiants depuis un moment, mais rien de dérangeant pour le quartier jusqu’il y a peu.

Le nombre de personnes zonant a gonflé et l’ambiance de la rue et du quartier devient délétère depuis quelques mois. Insupportable.

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Les riverains comme les commerçants se plaignent de l’envahissement de l’espace public par des groupes de quelques personnes qui restent la journée et consomment sur place, faisant fuir les passants et clients, amenant des craintes, conflits et tensions.

Lorsqu’il fait froid, ces attroupements squattaient le sas d’entrée du Match. Depuis l’arrivée du beau temps, la rue leur suffit.

Entre la bienveillance agacée et l’exaspération au bord de l’explosion, les habitants et les commerçants commencent à exprimer leur ras-le-bol.

Nous avons recueilli leurs doléances, anonymes par peur de représailles.

Par exemple, les occupants de la rue et de sa vitrine ont décidé le fleuriste à déménager. La semaine prochaine, il s’installera à un jet de pierre de sa boutique actuelle, devenue le lit, le bar et le salon d’un groupe de personnes imbibées.

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"Je ne pense pas que c’est uniquement lié au centre d’échange de seringues. Il faut que chacun trouve sa place comme avant, mais la réalité a changé donc il faut surtout que la Ville intervienne pour régler le problème de ces personnes d’une manière ou d’une autre car ça ne peut plus durer", déclare un commerçant.

"Je trouvais déjà que la rue des Brasseurs n’était pas accueillante quand on a des enfants en poussette ou même dont on doit tenir la main. Maintenant, je n’ose plus emprunter la rue du Bailly. Si je n’étais pas obligée d’y venir car j’y travaille, je ne passerais plus du tout dans le quartier", avoue une habituée de la rue.

Notre dossier complet est à retrouver dans le journal du jour.