Namur La famille Van De Kerkhov regrette la polémique qui lui fera changer de métier

Les manèges à poneys suscitent la polémique un peu partout. À Namur, certains citoyens comme des militants d’organisation de défense des animaux, dénoncent chaque jour ce qu’ils estiment être des conditions inhumaines de travail ou de transport.

Devant la polémique , le bourgmestre Maxime Prévot a indiqué qu’il allait interdire les manèges à poneys l’année prochaine. Devant les inquiétudes des citoyens, l’échevin du Bien-être animal a envoyé le vétérinaire agréé par la ville. Celui-ci a rendu son rapport : il n’y a aucune raison de suspendre le manège, selon les exploitants.

"Nous traitons très bien nos poneys, on vit avec eux, ils sont en pâture à 10 minutes de la foire, soignés chouchoutés. On ne prend même pas de vacances pour nous en occuper en basse saison", plaide Nathalie Van De Kerkhov qui a repris le métier exercé par la famille depuis 3 générations. "Le vétérinaire de la ville est venu, a constaté que les bêtes allaient très bien, qu’elles étaient en ordre de papiers, de vaccins, qu’elles avaient bien à boire et à manger…"

En ce qui concerne le camion qui sert à les transporter et qui suscite la polémique… "Il a constaté qu’il y avait à boire et à manger dans le camion, une mousse au sol pour leurs articulations, des trous d’aération à l’avant et à l’arrière. Il a recommandé que nous en fassions aussi sur les côtés, ce que nous allons faire sans tarder", énumère celle qui sait qu’elle devra bientôt changer de métier. "On respecte toutes les lois, on s’adapte aux règlements, que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles. Mais malgré ça, on ne veut plus de nous", regrette la quinquagénaire.

Nathalie Van De Kerkhov se rend compte que c’est lié à l’évolution de la société. Que les citoyens s’émeuvent de voir les poneys tourner en rond toute la journée. Mais en même temps qu’elle reçoit critiques et insultes quotidiennes, son manège fonctionne toujours aussi bien. "Les gens qui mettent leurs enfants sur nos poneys font moins de bruit que les activistes", explique-t-elle. "Le problème, c’est que faire comme métier ? Il y a déjà assez de pêches aux canards sur la foire, de jeux à grues, de friteries… On ne change pas si facilement, d’autant que ça demande de nouveaux investissements", s’inquiète-t-elle.

Magali Veronesi