Namur Selon les défenseurs du bien-être animal, les adaptations à la foire de Namur sont insuffisantes, il reste des infractions à la loi

Depuis l’ouverture de la foire de Namur il y a un peu plus de quinze jours, les défenseurs du bien-être animal ne cessent d’alerter le pouvoir politique sur les conditions de vie des poneys, en particulier les nombreux jours de fortes chaleurs.

Le bourgmestre Maxime Prévot et l’échevin Bernard Guillitte ont déjà manifesté la volonté du collège d’interdire les manèges à poneys dès l’année prochaine. Ce qui ne semble pas suffire aux activistes de la causer animale qui guettent les manquements à la loi Onkelinx en la matière.

"Les poneys n’ont pas de syndicats pour dénoncer leurs conditions de travail comme les humains. Or, ils souffrent aussi de la chaleur et les exploitants du manège ne sont pas toujours francs alors nous veillons", explique Frédéric, un Namurois qui surveille leur état général chaque jour.

Selon lui, certains poneys sont sur la foire 4 jours d’affilée alors que l’exploitant affirme qu’ils ne travaillent qu’un jour sur deux. "Déjà l’an dernier, je m’étais inquiété. J’avais contacté des associations : Gaïa et Animaux en péril qui m’assuraient qu’ils étaient sur le dossier." De fait, le ministre Di Antonio a sonné le glas des manèges à poneys en Wallonie pour 2021. Mais ce n’est pas suffisant, selon les activistes de la cause animale.

"La précédente loi date de 2014 et n’est toujours pas respectée en 2018, c’est ça que nous dénonçons", poursuit celui qui a voulu porter plainte à la police, mais a reçu une fin de non-recevoir.

"Ils m’ont dit d’aller voir le bourgmestre, ce que j’avais déjà fait, ainsi que l’échevin du bien-être animal ainsi que la région wallonne et des ASBL. L’échevin me tient au courant. L’inspection vétérinaire a mené à des changements dans le camion, mais ils ne vont pas assez loin", affirme le quadragénaire qui ne se contente pas de la bonne foi des exploitants du manège qui se plient à toutes les demandes des autorités.

Selon lui, il reste deux infractions. "Les poneys sont transportés en camion de la prairie à la foire vers midi. Puis ils restent 3 bonnes heures dans une tente dans des boxes qui ne donnent pas sur l’extérieur. Or, la loi prévoit que les enclos doivent avoir une vision large de l’extérieur."

Ensuite, il estime que le déchargement du camion n’est pas sécurisé. "Des poneys glissent régulièrement et peuvent se blesser. On devrait imposer un revêtement antidérapant adéquat au tape-cul qui sert au déchargement", dit Frédéric qui reste vigilant est espère que le manège sera 100 % conforme en quittant Namur. "Si chaque ville où le manège passe ne dit rien, le sort des poneys ne va pas s’arranger."

Magali Veronesi