Namur Lucien Alexandre demande à ce qu’une partie du loyer reçu pour la chasse soit reversée aux riverains

Lucien Alexandre, 84 ans, passe sa retraite dans un coin bucolique de Profondeville après une carrière dans la banque. Devant sa maison, à l’écart de la circulation : de vastes prairies où viennent paître les chevaux et poneys de ses voisins. Un cadre reposant où il accueille chaque jour ses petits-enfants de 8 et 12 ans après l’école.

Le souci, c’est qu’à l’arrière de ces prairies se trouvent les bois de Profondeville que la ville loue à des chasseurs. Les riverains n’ont pas de problème avec les chasseurs. Mais avec le gibier, oui.

Depuis cette saison, Lucien a très peur pour ses petits-enfants. " On a toujours eu des sangliers qui descendaient les prairies. Mais cette année, c’est pire que tout. Non seulement ils sont bien plus nombreux, mais ils n’ont pas peur des humains et viennent presque dans les maisons. Que se passera-t-il le jour où ces énormes bêtes courront dans mon jardin alors que mes petits-fils y jouent ? Je ne peux quand même pas les priver de jardin alors que le beau temps est là" , s’interroge-t-il.

Preuve inquiétante que les sangliers n’ont pas peur des humains : une laie a donné naissance à onze marcassins à quelques mètres de chez Lucien mercredi dernier. "Et une autre a aussi mis bas d’une portée nombreuse plus haut, à côté des bois. La population de sangliers ne cesse de croître et les risques qui en découlent aussi", précise l’octogénaire.

Outre les risques pour la sécurité des enfants, le voisinage est affecté d’une autre manière. Plusieurs des voisins de Lucien possèdent des chevaux et des poneys. Comme les prairies sont retournées, l’herbe n’est plus disponible, la pâture n’est plus suffisante pour les bêtes et leurs propriétaires doivent donner des compléments aimentaires.

"Cela engendre des coûts importants. Donc ce que je demande, c’est que la commune rétrocède aux riverains touchés une partie du loyer qu’elle perçoit annuellement pour la chasse", réclame Lucien qui se fait le porte-parole du quartier. Une solution partielle qu’il a exposée l’an dernier au bourgmestre Luc Delire. "On a eu une réunion en mai de l’année dernière, il m’a dit qu’on allait en discuter au collège communal, mais nous n’avons eu aucun écho jusqu’ici. Cela fait presque un an et le problème empire…"

Magali Veronesi