Namur Après 22 ans de carrière à la police, Stéphane Gillard (46 ans) devient libraire

Les jours sont parfois difficiles pour les policiers, même lorsqu’ils travaillent loin de Bruxelles.

Stéphane Gillard a passé la moitié de sa vie à Bastogne et Neufchâteau en tant qu’agent de police. D’abord sur le terrain, puis au bureau. Jusqu’au jour où il a préféré arrêter les frais. Il témoigne aujourd’hui et revient sur les raisons qui l’ont amené à changer de vie professionnelle. Rares sont ceux qui osent s’exprimer publiquement sur le sujet.

"Beaucoup pensent comme moi, mais ne veulent ou ne peuvent rien dire. Ils n’osent pas franchir le pas. Moi, j’en ai eu marre de la fonction. Ce qui me dérangeait le plus ? Au fil du temps, c’était le manque de convivialité. Le manque de valorisation : il fallait faire des statistiques. Des résultats. Peu importe la manière. Le contact humain diminuait et me manquait. Je ne m’amusais plus trop. Ou encore, ces différentes réformes de la police qui n’ont pas aidé (la pension repoussée à 62 ans dans mon cas). Ce fut vraiment un ras-le-bol total. Il fallait que je change. Je ne pouvais pas continuer ainsi", confie-t-il.

À l’époque actuelle, on a trop souvent l’impression que les gens ont de moins en moins de respect pour l’uniforme. L’arrivée des réseaux sociaux et les récents dérapages - photographier des policiers en train de faire leurs courses par exemple - n’aident pas à redorer l’image des forces de l’ordre qui n’en peuvent mais. "On dévalorise sans cesse la fonction. On ne peut plus faire quoi que ce soit sans avoir sa photo sur Facebook. Souvent, ça nuit à la personne. Il faudrait peut-être poursuivre ceux qui postent ces clichés et leur demander pourquoi ils le font. Ils détruisent ce métier et l’homme qui porte l’uniforme", dit-il.

Depuis début janvier , il a repris une librairie dans le centre-ville de Bastogne. Un nouveau job qu’il aime. "On ne s’ennuie pas ici ! Il y a de quoi faire. Tout le monde m’a encouragé lorsque j’ai parlé de mon souhait de changer de vie. Personne ne m’a pris pour un fou. J’espère que ça se passera bien avec ce commerce. Je souhaite finir ma carrière en tant qu’indépendant", conclut-il.

L.T.