Namur

Voilà à peine un mois que le groupe Lhoist a introduit une nouvelle demande de permis unique pour effectuer des tests de pompage de l’eau de source de la Tridaine, à Rochefort. Leur objectif : savoir s’il est possible de creuser plus profondément sous la nappe phréatique sans altérer la qualité de l’eau de source avec laquelle la trappiste rochefortoise est brassée. Et donc s’assurer que la bière aurait toujours le même goût.

Si Lhoist Industrie souhaite creuser plus profondément, c’est pour pérenniser son activité. La société arrivera en 2023 au terme de l’exploitation de la carrière de la Boverie. Un pompage plus profond permettrait d’exploiter la carrière jusqu’en 2045.

Des tests auxquels l’abbaye Saint-Remy de Rochefort, qui produit la trappiste, est totalement opposée. “La source de Tridaine est un système gravitaire d’écoulement de l’eau qui existe depuis plusieurs siècles. L’eau suit simplement la pente naturelle du relief, pour être distribuée à l’abbaye et ensuite à la ville de Rochefort, ce qui en fait un système naturel et gratuit et qui a le mérite de préserver les propriétés de l’eau. Si le permis était accordé à Lhoist, ce système serait remplacé par un système artificiel de pompes”, précise-t-on à l’abbaye depuis le début de ce combat.

Cette semaine,

le groupe Lhoist a retiré cette demande de permis pour… en formuler une autre auprès des autorités communales. Ce pour deux raisons. La première est pour corriger les chiffres du volume d’eau qui serait pompé, mentionnés dans cette précédente demande. Le calcul avait été réalisé sur base de la moyenne des pluies sur ces 25 dernières années. Mais 2016 a fait chuter la moyenne. Si 2017 est du même acabit, il faudra plus de temps pour réaliser les tests. Du coup, Lhoist préfère prévenir en demandant que les tests puissent se faire sur un volume maximal de 550.000 m³ au lieu de 480.000 m³.

La seconde raison concerne une erreur de retranscription. Le rapport technique mentionnait 480.000m³ alors que le formulaire officiel en évoquait 450 000.

Une nouvelle enquête publique aura donc lieu dès le mois de janvier.

S.M.