Namur Malgré ses petites surfaces, l’endroit séduit encore les marques et enseignes

Quand elle vante les mérites de la capitale wallonne à ses clients, qu’ils soient désireux d’y ouvrir un nouveau point de vente ou d’investir dans une cellule commerciale, Victoria Tanret, Senior Account Manager au sein de la Retail Agency du conseiller en immobilier professionnel Cushman&Wakefield, insiste sur le "caractère fort" du cœur de ville namurois. Et plus encore, de ses deux principales artères commerçantes, la rue de Fer, qui relie la gare au bas de la Ville, et sa continuité, la rue de l’Ange.

"Le centre de Namur bénéficie d’un statut privilégié car il ne souffre pas de la concurrence d’un shopping center ou d’un pôle commercial (retail park…) en périphérie proche", assure-t-elle. Un atout, fruit d’une volonté politique forte, qui lui assure les faveurs quasi exclusives de plus de 170.000 chalands à 20 minutes en voiture à la ronde, soit un pouvoir d’achat total de 3,5 milliards d’euros.

Pour le reste, la courtière pointe le dynamisme de la ville, cité étudiante, mais aussi, et surtout, son piétonnier historique, qui étire ses ruelles pavées dans l’héritage patrimonial du Vieux Namur. Quoique le piétonnier n’englobe pas les deux rues "triple A" de la capitale wallonne, semi-ouvertes à la circulation motorisée, son voisinage immédiat ajoute au charme du lèche-vitrines namurois.

Revers de la médaille, toutefois, les belles façades chargées d’histoire des enseignes sises rues de Fer et de l’Ange constituent dans la plupart des cas un "challenge" pour leurs propriétaires - pour beaucoup des "gros privés" qui collectionnent les cellules commerciales dans la région, voire quelques petits particuliers, souvent des familles, qui en ont hérité, précise Victoria Tanret. "Les grandes enseignes sont aujourd’hui plus exigeantes que jamais sur les possibilités d’aménagement des cellules commerciales et sur la largeur de façade disponible pour leurs vitrines", acquiesce l’experte. "Elles sont nombreuses à préférer des rectangles parfaits et se montrent réticentes face à la présence d’une façade classée ou de différences de niveaux."

Résultat ? Le centre-ville pèche par ses petits formats : y dénicher des surfaces moyennes de 300 à 400 m² dotées de larges façades et d’une configuration intérieure idéale relève de la gageure. Les cellules commerciales qui réunissent les qualités requises sont de facto prises d’assaut, tandis que les autres doivent s’armer de patience pour trouver preneur. "Nous remarquons toutefois que de plus en plus de partenariats entre des bailleurs, des retailers et les autorités namuroises sont mis en place pour assurer une offre de bâtiments la plus optimale possible", tempère Victoria Tanret. "Ceux-ci consistent, par exemple, en la réunification de plusieurs bâtiments ou encore en la modification de leur structure intérieure."

Quant au futur centre commercial… "Les plus ‘mass-market’ qui s’étendent bien souvent sur des volumes très importants, espèrent y déménager pour profiter de grandes surfaces", commente Victoria Tanret. Qui souligne que le retard du centre commercial alimente la nervosité ambiante sur le marché namurois. "Ce n’est généralement pas bon que des projets comme celui-ci traînent trop. Depuis toujours, Namur jouit d’un mix commercial très intéressant, et ce, sur deux rues totalisant une courte distance qui plus est. Pas un grand retailer ne manque à l’appel." Une force de frappe à préserver, conclut la courtière.

Frédérique Masquelier