Namur Renvoyé en correctionnelle, il garde toutes ses ambitions

Comme pressenti, malgré un renvoi jeudi dernier devant le tribunal correctionnel de Namur pour outrage public aux mœurs, Jean-Charles Luperto briguera un troisième mandat de bourgmestre lors du scrutin d’octobre prochain.

L’homme mènera les troupes socialistes, compte bien maintenir sa majorité absolue et conserve d’ailleurs toutes ses ambitions politiques. Y compris à d’autres niveaux de pouvoir, comme les parlements de Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où il siège comme député. Jean-Charles Luperto vient donc de lever le voile sur la totalité de sa liste, en même temps qu’il dressait un bilan des six années écoulées.

Premier constat, dans ses rangs, pas de défection. La photo de groupe des candidats comprend l’actuel collège communal presque au grand complet : Denis Liselele, Carine Daffe, Vincenzo Maniscalco, Olivier Bordon, Nicolas Dumont seront tous de la partie. Seul manquera François Plume, comme déjà annoncé précédemment, qui a décidé de quitter la politique - comme les conseillères Solange Depaire et Betty Davister.

"J’ai envie de tourner une page de ma vie, de me concentrer sur mon activité professionnelle, mais aussi de me tourner vers des projets plus personnels et familiaux", glisse à l’envi le futur ex-échevin. Mais il reste membre du PS et engagé au sein de l’USC locale. Pas l’ombre d’une dissension donc.

Les rouges font bloc derrière leur patron pourtant pris dans une tourmente judiciaire. Paradoxalement peut-être, son leadership est plus prégnant aujourd’hui qu’il y a douze ans, où le jeune Luperto (alors âgé de 32 ans) devait s’affirmer face à quelques ténors locaux bien plus rompus que lui aux rouages de la politique locale.

Quant au bilan, les Sambrevillois connaissent les méthodes du maïeur : maîtrise de la dette et assainissement continu des finances communales, chasse plutôt fructueuse des subsides européens - 14,85 millions de fonds Feder -, reconversion économique de sites comme Sainte-Eugénie, Bonne Espérance ou le Bon Grain, plus anciennement réinvestissement dans des secteurs comme l’enseignement. Reste le projet de prison, toujours défendu par le PS, et toujours aussi controversé. Mais a priori, pas de quoi faire trébucher les socialistes.