Namur

Les réponses de Carlo Di Antonio sont trop faibles au regard de cette décharge illégale à ciel ouvert.

Ce n'est pas un, mais 3 députés de partis différents qui ont interpellé le ministre Di Antonio ce mercredi: Eliane Tillieux pour le PS, Stéphane Hazée pour Ecolo et Gilles Mouyard pour le MR. La preuve qu'il s'agit d'un gros problème qui concerne l'intérêt général et non de questions qui serviraient une manoeuvre politique.

Il s'agit donc des révélation du Vif concernant des déversements illégaux d'immondices par la commune de Mettet à la carrière de Biesmerée.

Dans sa question, Eliane Tillieux met en exergue la nature de ce qu'on peut y voir: "Parmi les déchets présents sur le site et déversés en toute illégalité, on retrouve : des déchets végétaux, des hydrocarbonés, du bitume, des terres, des éléments de maçonnerie… De plus, on y retrouve également des pneus, des boues de curage de fossé, … Un mélange assez terrible pour la santé et l’environnement."

Carlo Di Antonio: "Suite aux informations relayées par voie de presse, une injonction a été donnée au département de la police et des contrôles de procéder immédiatement aux vérifications nécessaires. Les inspecteurs se sont rendus sur le site mercredi dernier, le 28 novembre. Les résultats préliminaires indiquent l’absence de déchets dangereux et d’amiante. Donc ça, c’est mercredi dernier… En cas de constat d’infraction, le DPC dressera le procès-verbal à charge du responsable. Ce dernier s’expose d’une part, aux sanctions précitées et, d’autre part, à la remise en état du site donc effectivement la visite de mercredi fera l’objet d’un procès-verbal qui, comme à chaque fois, est prévu en trois exemplaires dont un d’office adressé au parquet du Procureur du Roi".

"Le site est hors zone de protection de captage mais est effectivement proche d’une zone de protection de captage pour être précis. Alors, par ailleurs, selon les informations communiquées par l’administration, aucun permis ou autorisation n’aurait été délivré pour ce site. J’ai néanmoins demandé confirmation sur ce point mais voilà dans le délai qui m’est imparti, l’administration n’a pas pu me produire un quelconque permis qui aurait existé pour ce site."

Les trois parlementaires estiment les éléments de réponse du ministre totalement insuffisants.

Pour Stéphane Hazée, il s'agit d'une première étape mais le dossier ne peut en rester là. Le gouvernement doit, dans les plus brefs délais, d'une part saisir le Parquet; d'autre part, rappeler à l'ordre la commune et lui demander les explications nécessaires.

Pour Gilles Mouyard, une seule visite d’inspection ne suffit pas. S’il s’avérait qu’il n’y a pas de produits toxiques sur le site, cela n’enlève rien à l’illégalité de ce dépôt. Il insiste pour un recours en justice rapide et assure au ministre qu’il apporterait, dans ce cas, les témoignages des actes récents qu’il a évoqués.

Eliane Tillieux estime qu'il ne prend pas la mesure de la gravité des faits. "C’est quand même impensable, qu’en 2018, une commune continue à déverser des déchets issus de son activité, des déchets de voirie par exemple dans un trou, dans un trou hein. Pire, il semblerait qu’il n’y a pas que les services communaux, qu’il y a également des privés qu’ils l’aient fait. J’estime sincèrement que c’est un scandale ce qu’il se passe, qu’il est honteux que des matières qui sont censées être recyclées soient aujourd’hui enfuies dans un trou, que la réaction aujourd’hui du collège soit aussi faible et qu’il est urgent de faire la lumière pour rassurer à la fois les riverains mais aussi et surtout pour délimiter le risque environnemental, le risque pour la santé et pour faire droit dans ce dossier"

Elle a par ailleurs appris que ce serait la région wallonne qui auarit dit à la commune de procéder à l'enlèvement des déchets, ce qui expliques les va et vient observés par Gilles Mouyard et relatés lors de son intervention. Ce qui pose de nouvelles questions.