Namur Michelle ne sait plus quitter sa maison depuis mardi

Paraplégique depuis l’âge de 12 ans suite à un accident de gymnastique, Michelle habite à Honnay depuis 28 ans. Une rampe, deux ascenseurs, une voiture adaptée lui permettaient jusqu’ici de vivre une vie tout ce qu’il y a de plus normal, même en fauteuil roulant.

"Des travaux ont débuté en avril 2017, il y a donc 14 mois d’ici !" Le chantier est d’ampleur : voiries, égouttage, filets d’eau, tout y passe. Un premier incident est survenu en décembre 2017, le 8. "Un engin de chantier a causé des dégâts à ma rampe d’accès, celle qui me permet d’entrer et sortir de chez moi. Je l’avais fait réaliser en pavés autobloquants par un maître-paveur, un vrai travail d’orfèvre afin qu’à aucun moment je ne puisse rester coincée avec mon fauteuil. Elle a été endommagée en décembre. Et puis il y a un mois, des ouvriers ont creusé un trou de près de 2 mètres de profondeur et de 1,70 m de long, pour me raccorder à l’égout. Une fuite faisant suite à un mauvais raccordement a inondé ma maison, cela aurait pu détruire l’élévateur qui m’aide à me déplacer à l’étage et qui coûte très cher. À cause de la plaque qui a été mise pour boucher le trou, je suis restée coincée il y a 2 semaines pendant près d’une heure, il commençait à pleuvoir, j’ai dû appeler la police pour que l’on me débloque."

Mardi, c’est la pose des filets d’eau qui a débuté. Si Michelle pouvait encore sortir avec sa voiture dans la rue en travaux, impraticable en fauteuil roulant, c’est désormais terminé : d’une hauteur de près de 40 centimètres, le morceau de béton empêche tout passage d’un véhicule et surtout du sien, stationné dans le garage. "Je n’en veux à personne. Mais alors que j’ai tout aménagé chez moi pour être mobile et autonome, cette liberté, on me l’enlève. Je suis séquestrée à domicile, assignée à résidence. Je pense avoir le droit d’aller et venir comme tout le monde. Tous les villageois souffrent de ces travaux interminables, mais moi, encore plus. Alors évidemment, des amis peuvent m’apporter des vivres, mais c ‘est gênant de leur demander cela. Et que se passerait-il en cas d’incendie ? Je dois me rendre à l’hôpital la semaine prochaine, comment vais-je faire ?"

Quelques heures après notre passage, Michelle apprenait une bonne nouvelle. "J’ai contacté l’entrepreneur en charge du chantier qui a fait mettre un remblai temporaire pour me permettre de sortir. Est-ce qu’il sera suffisant pour que je puisse sortir sans endommager ma voiture ? Je n’en sais rien."

JVE