Namur La Wallonie a lancé un appel à intérêt aux investissements. À Conneux (Ciney), un hébergement fait office de pionnier

Depuis 2014, le commissariat général au tourisme soutient Access-I, une association namuroise spécialisée dans l’évaluation de l’accessibilité d’un bâtiment, d’un site ou d’un événement.

Ce lundi, le gouvernement wallon a décidé d’octroyer une subvention de 244.000 € à cette association pour la réalisation de pré-audits de lieux touristiques. Car le constat est là : les hébergements et autres attractions touristiques manquent d’aménagements pour les personnes à mobilité réduite.

À Conneux (Ciney) , la ferme de la Choquennée fait partie des hébergements qui ont tout mis en œuvre pour faciliter la vie des PMR. Ouvert en 2011, ce gîte de 10 chambres qui peut accueillir une petite vingtaine de personnes doit pouvoir servir d’exemple à d’autres propriétaires d’hébergements.

"Durant deux ans, on a rénové cette ancienne étable qui se détériorait", entame Marie-France Lissoire, la responsable du domaine. "Ce projet de gîte me trottait dans la tête depuis sept ans déjà. Mais ma volonté première était qu’il soit accessible aux PMR, qu’elles ne restent pas cantonnées au rez-de-chaussée."

Pendant plusieurs années, Marie-France Lissoire a enchaîné les réunions, les salons, les visites de gîtes, les mises en situation. "Je me suis aperçue que dans les gîtes qui présentaient déjà quelque chose pour les PMR, il s’agissait souvent d’une chambre au rez-de-chaussée. Moi, je voulais qu’un papa handicapé puisse aller border son enfant à l’étage, etc."

Pour répondre aux besoins des PMR, les aménagements ont été nombreux : ascenseur, terrasses d’attente en cas d’arrivée des secours, agrandissement des espaces, installation de barres d’appui, de meubles de rangement accessibles, etc. "Le budget a explosé. Pour l’ascenseur et les terrasses, on doit être à 100.000 € plus ou moins. Mais je ne regrette rien." Depuis que le gîte de la Choquenée est ouvert, les réservations s’enchaînent. "35 à 40 % de la clientèle sont des PMR qui reviennent chaque année ou presque. La charge de travail est plus importante mais les rencontres que je fais sont d’une richesse incroyable. C’est un pur bonheur", conclut une Marie-France Lissoire submergée par l’émotion.