Namur Un collectif d’associations veut que le permis délivré à Olivier Pitance soit modifié

La présence en nombre des kayaks sur la Lesse est une problématique qui risque encore de longtemps faire parler d’elle. Actuellement, ils sont deux exploitants à louer des kayaks sur la rivière mosane. Mais c’est principalement avec le plus important d’entre eux, Olivier Pitance, que les défendeurs sont en conflit. Un collectif de différentes associations, riverains et autres sociétés commerciales ont récemment introduit un recours devant le Conseil d’État contre le permis d’environnement délivré par le ministre Di Antonio, en octobre 2017, à l’exploitation d’Olivier Pitance.

"Notre souhait est de corriger ce permis d’environnement. On veut premièrement éviter que le citoyen soit mis en infraction, notamment au niveau des horaires de début et de fin de mise à l’eau car ils ne sont pas respectables en raison du nombre de kayaks. Ensuite, qu’il y ait une réduction du nombre de kayaks mis à l’eau et qu’il y ait une réglementation lors de l’étiage (NdlR : moment où le niveau de l’eau est au plus bas) . Car à cette période, il y a 10 cm d’eau, les kayaks raclent le fond de la Lesse et les kayakistes doivent marcher dans l’eau, ce qui détruit la rivière", indique Lionel Delvaux de l’ASBL Inter-Environnement Wallonie.

Les défenseurs de la cause environnementale ne se disent pas opposés à la descente de la Lesse en kayak. Mais ceux-ci veulent qu’elle soit encore plus contrôlée. "Or, ici, c’est du tourisme de masse. En saison, les jours de grande affluence, plus de 5.000 personnes descendent la Lesse en kayaks loués. Les kayakistes dépassent parfois de plusieurs heures, la limite horaire de navigation autorisée. Restent alors dans la rivière, sur ses berges et dans les prairies qui la bordent, des ordures en tout genre : déjections humaines, papier de toilette et serviettes hygiéniques, bouteilles en verre cassées, canettes et récipients en plastique, petits barbecues en aluminium, etc."

Ces différentes associations veulent également qu’un mécanisme de responsabilités dans le chef de l’exploitant soit mis en place. En gros, qu’il soit punis pour les infractions commises. "Les kayakistes font des barbecues sur des terrains privés, vont sur des îles protégées, détériorent les berges, etc. Il doit être responsabilisé à ça pour un tourisme de qualité." Et de conclure que la pratique du kayak serait inimaginable dans ces conditions d’exploitation dans tout autre pays européen.

S.M.