Namur Dans l’histoire, le duo MR-CDH n’est nullement la norme

Malgré un blason que les élus ont du mal à redorer en profondeur, malgré la question récurrente de la survivance même des institutions provinciales : qu’on ne s’y trompe pas. Pour tous les partis politiques, les élections provinciales sont un enjeu à côté duquel on ne peut passer. Et qui peut connaître des retournements de situation.

Pour preuve, on a peut-être tendance à l’avoir vite oublié, la constitution de la majorité MR-CDH au lendemain du scrutin de 2012 a été plutôt rock’n’roll. Nous sommes donc six ans en arrière, peu avant le scrutin. Dominique Notte, président du collège provincial sortant, est confiant. Il se verrait bien reconduire l’exécutif PS-MR qu’il dirige.

D’ailleurs , historiquement, les socialistes ont souvent été aux affaires, et leur présence est un peu considérée par eux comme "naturelle". En outre, la députée Martine Jacques, qui avait connu des problèmes personnels et de santé, a été remplacée en cours de mandat par une jeune pousse prometteuse du PS : Pierre-Yves Dermagne. Une bonne nouvelle pour les rouges, d’autant que le jeune avocat, puisque Rochertois, est du sud. Toujours utile dans les indispensables équilibres géographiques d’une constitution d’un collège.

Mais voilà, les élections chamboulent tout. Aux communales à Namur, Maxime Prévot signe un raz-de-marée. Celui qui est déjà devenu l’homme fort du CDH dans sa province va trouver le grand ordonnateur du MR dans le Namurois à l’époque : Willy Borsus. Le CDH gagne une place dans le collège, le MR gagne la présidence, l’accord sera rondement conclu. Et au passage, c’est Geneviève Lazaron, dont le plus grand souhait était de rester échevine à la Ville de Namur, qui incarnera la présence orange dans l’exécutif.

Lors de la constitution de cette majorité, le PS est resté sur le carreau, et Ecolo au balcon. Mais, in fine, c’est bien le résultat des urnes et le signal envoyé par les électeurs - avec en appui les états-majors provinciaux des partis - qui a été déterminant. Moralité : il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…

L.S.