Namur Le principal témoin, qui affirme avoir aperçu des fuyards, est suspecté d’en être l’auteur.

Un dimanche et trois mardi, c’est le nombre d’incendies survenus dans le paisible domaine résidentiel du Bois du Roi à Morville. Si pour le premier on pouvait croire à une origine accidentelle, les trois autres à quelques heures d’intervalle orientaient clairement vers la piste criminelle.

Si le premier chalet était occupé, mais vide au moment de l’incendie, les trois autres n’étaient pas occupés : un devait être démoli, le second était en travaux, et le dernier était abandonné depuis plusieurs années. "Mais vu la sécheresse, le feu peut rapidement se communiquer via les herbes sèches à d’autres parcelles, à d’autres constructions", explique l’officier presse de la zone Dinaphi, Gilles Boonen.

Un témoin s’était fait connaître auprès des forces de police. Bien que les parcelles soient abondamment occupées par de la végétation, il disait avoir aperçu 4 jeunes s’enfuir du lieu d’un des incendies. Mardi soir, son comportement suspect avait attiré l’attention des forces de l’ordre, et selon des riverains, il aurait été interpellé mercredi en fin de matinée, menottes aux poignets.

"C’est inquiétant, si c’est lui, car on le connait bien", dit un témoin qui veut rester anonyme. "Vous vous rendez compte, lorsqu’il va sortir, il pourrait brûler ma maison !"

Dans le voisinage, la plupart n’ont pas beaucoup dormi cette nuit : "J’ai commencé à veiller, toutes les lumières de la maison allumées, ensuite c’est ma femme qui a pris le relais, on n’oserait pas fermer l’œil." Un autre, dont la propriété n’a pas été touchée, confie : "Je ne sais pas qui c’est, mais c’est ignoble de s’attaquer à la propriété d’autrui. Lorsqu’on a un souci, on discute, on se tape dessus parfois, puis on boit verre pour se réconcilier. Je ne sais pas qui c’est, mais si je le retrouve, on ne le retrouvera jamais !"

L’annonce d’une arrestation a rapidement fait le tour du domaine, et semblait apaiser quelque peu les riverains "mais on ne sait jamais, on reste prudent, si c’est pas lui… on préfère rester très attentifs".

D’autres se rassurent "Il n’y avait personne à l’intérieur lorsqu’il a mis le feu, il fait peut-être attention à cela." Certains évoquent plutôt une vengeance envers un propriétaire.

Le parquet de Namur confirme la privation de liberté. Un maître-chien est venu sur place avec l’opérateur du labo, qui a demandé la visite d’un expert incendie. Celui-ci a pris 3 ou 4heures pour faire le tour des terrains. Son rapport circonstancié est attendu.

Ce jeudi matin, nous apprenons que le suspect privé de liberté mardi affiche quelques petites contradictions dans ses propos, mais il a été relaxé mercredi vers 20h, à cause d'un manque d'éléments concluants à ce stade. L'enquête se poursuit.

J.O.