Tournai-Ath-Mouscron Un individu déchu de son permis de conduire a voulu semer la police lors d’une course-poursuite de 18 minutes

Ce sont des faits qui auraient pu très mal se terminer qui étaient reprochés à Richard (prénom d’emprunt), un homme âgé de 45 ans, qui comparaissait à la barre du tribunal correctionnel. Le 6 mai dernier, l’homme a malmené des agents de police en tentant de les semer en voiture dans les rues de la cité des Hurlus. Pour ce faire, le prévenu n’a pas hésité à emprunter un sens interdit, effectuer des marches arrières, etc. Le conducteur fou est même allé jusqu’à rouler à 140 km/h dans la rue de Menin, passant notamment devant le Bon Alibi, un café fort fréquenté.

"Je voulais aller acheter des cigarettes, j’en avais pour 5 minutes, détaillait-il. Au début, je n’avais pas compris que les policiers me poursuivaient. Quand j’ai compris, j’ai pris peur et je n’ai pas voulu m’arrêter. En revanche, je n’ai jamais roulé à la vitesse indiquée. Même sur l’autoroute je ne vais pas à cette vitesse." L’homme était en fait déchu de son permis de conduire, ce qui l’a fait paniquer.

La course-poursuite, qui s’est déroulée durant 18 minutes, s’est achevée lorsque la police a tenté un énième dépassement. Le prévenu a effectivement perdu le contrôle de son véhicule. "J’ai ensuite coupé le moteur et je ne me souviens plus de rien ensuite." Les policiers ont dû faire face à un homme très agité, qui n’a par exemple pas hésité à planter ses ongles dans la peau d’un des agents.

Un an de prison était requis contre le conducteur. "Les faits sont là", estimait le substitut du procureur du Roi. "Il a été un danger public énorme. On peut s’estimer heureux de ne voir aucune victime. Tout cela simplement parce que monsieur a refusé le contrôle. Évidemment, tout est plus clair lorsque l’on comprend qu’il ne pouvait normalement plus se retrouver au volant d’un véhicule. Je ne me montre cependant pas opposé à un sursis."

Me Derycke, conseil du prévenu, sollicitait une peine de travail. "Il a voulu vite se rendre au night-shop avant sa fermeture et il a pris la décision catastrophique de prendre sa voiture. Après son accident à la fin de la course-poursuite, il a subi une incapacité de travail de 15 jours. Cela peut peut-être expliquer le fait qu’il ne se souvient de rien. Mon client n’a pas de casier judiciaire, c’est quelqu’un de calme, ce fait est isolé."